Libreville change de visage. Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le projet Grand Libreville, pilier 3 du projet de société présidentiel, transforme la capitale gabonaise à un rythme jamais vu. Entre les chantiers de voirie, les programmes de logements et les zones d’extension qui émergent, la question est désormais sur toutes les lèvres : est-il encore possible d’investir ? Et si oui, où et comment ?
Des chantiers partout, une dynamique irréversible
Le 11 août 2026, le président Oligui Nguema a sillonné plusieurs quartiers de Libreville et d’Akanda pour évaluer l’avancement des travaux de réhabilitation des axes routiers et d’aménagement urbain. À la promenade du lycée Léon Mba, les travaux affichent un avancement « impressionnant » qui annonce une livraison prochaine. Plus loin, au quartier Sherko à Akanda, le chef de l’État a inauguré une voie pavée sous les applaudissements des habitants.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la Tour de Libreville a déjà 40 étages montés sur la cinquantaine attendue, avec une livraison prévue en 2027. Le barrage de Kinguélé-Aval affiche un taux d’exécution de 75 % pour un investissement total de 118 milliards de FCFA. Côté énergie, des centrales thermiques sont en construction pour un investissement de plus de 800 milliards de francs CFA.
Investir dans le Grand Libreville : les opportunités sont immenses mais pas infinies
Pour les investisseurs, le créneau est encore ouvert, mais le temps presse. Voici les principales portes d’entrée identifiées.
Le foncier : des parcelles à prix encadré. La Société Nationale Immobilière (SNI) a lancé la commercialisation de 2 500 parcelles dans le Grand Libreville, à un prix fixé à 5 500 FCFA le mètre carré – soit 2,75 millions FCFA pour une parcelle standard de 500 m². Ce tarif, appliqué en priorité à Essassa, est inférieur aux standards du marché privé, ce qui en fait une opportunité pour les classes moyennes. À terme, la SNI prévoit d’aménager 1 500 hectares à Essassa, soit un potentiel estimé entre 20 000 et 30 000 parcelles.
L’immobilier : 10 000 logements socio-économiques. Le ministère du Logement a signé une convention avec Cornerstone Gabon pour la construction de 10 000 logements « clés en main », dont 6 000 dans le Grand Libreville. Ces villas duplex de types F3 et F4 sont destinées aux agents de l’État, aux salariés du privé et aux Gabonais de l’étranger. Par ailleurs, la SNI lance 1 500 logements à Essassa, réservés exclusivement aux citoyens gabonais. À Akanda, des duplex sont proposés à partir de 140 millions FCFA avec un apport personnel de 10 %.
Les infrastructures et l’énergie. La construction de trois centrales électriques pour 130 milliards FCFA, le projet d’adduction d’eau potable du Grand Libreville, les voiries urbaines : les appels d’offres et les partenariats public-privé se multiplient.
« Il y a encore de la place, mais il faut agir vite. Les prix des parcelles à Essassa vont mécaniquement augmenter quand les réseaux d’eau et d’électricité seront opérationnels », confie Stéphane M., un jeune cadre qui a déjà acquis deux parcelles dans la zone.
« On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs » : le prix de la modernisation
Mais toute transformation a un coût. Le ministre des Travaux Publics, Edgard Moukoumbi, résume l’équation en une formule : « On ne fait pas d’omelettes sans casser les œufs ». Une déclaration qui illustre l’équilibre délicat entre ambition d’aménagement et réalité sociale.
À Plaine-Orety, les démolitions liées à la construction du « Boulevard de la Transition » et d’une cité administrative ont laissé des traces. « On vit dans la psychose » , confie Thierry Moundzanga, habitant du quartier. « Jusqu’alors on n’a pas de communication. La première zone a été cassée, on attend. Parce qu’on ne sait pas ce que le gouvernement nous réserve ».
L’État assure que les familles impactées seront relogées. Un Plan complet de réinstallation (PCR) a été mis en place sur 75 hectares à Bikélé-Nzong, prévoyant à terme 1 070 logements ainsi que des écoles primaires, plateaux sportifs et dispensaires. Les 300 premiers logements devaient être livrés sous peu. Mais plusieurs anciens occupants disent n’avoir jamais reçu d’indemnisation.
Bayonne Mavoungou, victime des démolitions, a trouvé refuge chez un membre de sa famille. Son regard est lucide : « On n’arrête pas le progrès, mais Paris ne s’est pas construit en un jour. On aurait dû au préalable commencer par construire ailleurs, où il y a de l’espace, et après faire déguerpir. C’est plus humain ».
La parole officielle : « J’avance dans mon projet de société »
Le président Oligui Nguema ne doute pas de sa feuille de route. « Un an après le début de mon mandat, je ne dirais pas que tout a été fait. J’avance dans mon projet de société et ce que j’ai promis aux Gabonais s’inscrit sur sept ans » , a-t-il déclaré le 3 juin 2026.
Le ministre du Logement, Mays Mouissi, multiplie les visites de terrain. Le 27 mai 2026, il s’est rendu à Akanda, Essassa et Bikélé pour évaluer l’avancement des projets d’aménagement et de construction. À Bikélé, il a visité le site devant accueillir la construction de 1 148 logements, dont le lancement officiel était prévu pour le 2 juin 2026. « Ces actions traduisent la volonté du gouvernement de mieux organiser l’occupation de l’espace urbain, de lutter contre les désordres fonciers et de redonner une vocation utile à des terrains relevant du patrimoine de la SNI » , a-t-il insisté.
Où et comment investir aujourd’hui ?
Pour les investisseurs, plusieurs pistes s’ouvrent :
À Essassa : le pôle d’expansion numéro un. Parcelles à 5 500 FCFA/m², programme de 1 500 logements, viabilisation en cours.
À Akanda : zone résidentielle en développement, avec des programmes immobiliers privés et publics.
À Bikélé et Nkok : zones d’extension du Grand Libreville avec des parcelles viabilisées et des programmes de logements.
Dans les infrastructures et l’énergie : les partenariats public-privé sont encouragés.
« J’ai investi dans deux parcelles à Essassa l’an dernier. Aujourd’hui, je vois les routes et les réseaux se mettre en place. C’est rassurant » , témoigne Marie-Claire N., fonctionnaire à la retraite. « Mais je conseille à ceux qui veulent se lancer de bien vérifier le titre foncier et de ne pas acheter sur des promesses » .
Le temps d’investir, c’est maintenant
Le Grand Libreville est en pleine métamorphose. Les chantiers se multiplient, les opportunités foisonnent, et les prix, notamment dans les zones d’extension, restent encore accessibles. Mais la fenêtre se referme : à mesure que les infrastructures se déploieront, la valeur du foncier et de l’immobilier grimperont mécaniquement.
Pour les investisseurs avertis comme pour les ménages en quête d’accession à la propriété, le message est clair : le Grand Libreville s’écrit aujourd’hui. Il est encore temps d’en être acteur.