L’arrivée de plusieurs délégations venues de Libreville pour les festivités de la fête de la Libération redonne, en quelques jours, un coup d’accélérateur à l’activité économique à Makokou. Marchés, hôtels, restaurants, commerces et activités nocturnes profitent de l’afflux de visiteurs. Une manne bienvenue pour les acteurs locaux, mais qui reste pour l’heure essentiellement ponctuelle.
Au marché du quartier Zoatab, l’effervescence est inhabituelle. Les étals de tomates, disposées en tas à 300 et 500 FCFA, attirent une clientèle plus nombreuse. Depuis l’arrivée des délégations venues de Libreville pour les festivités de la fête de la Libération, les commerçants constatent une hausse de la demande.
« Quand j’ai appris que les délégations arrivaient, je me suis rapidement approvisionnée en produits alimentaires. Avant, je ne gagnais pas grand-chose. Mais aujourd’hui, mon commerce prospère davantage. Je réalise des marges que je ne faisais jamais auparavant », témoigne une commerçante.
Cette dynamique se retrouve au marché de Mbolo et dans plusieurs petits marchés des quartiers. Anticipant l’afflux de visiteurs, les vendeurs ont renforcé leurs stocks. L’arrivée de plusieurs délégations a ainsi créé, en quelques jours, une demande inhabituelle pour les produits alimentaires et les services de proximité.
L’hôtellerie sous pression
À Zoatab 1, l’Hôtel Pacifique affiche complet. Selon sa direction, le chiffre d’affaires aurait atteint 6 à 7 millions de FCFA en quelques jours, contre environ 300 000 FCFA habituellement, sous l’effet de l’affluence liée aux festivités. Cela représente un niveau de recettes environ 20 à 23 fois supérieur à celui enregistré en période ordinaire.
Face à la capacité limitée des structures hôtelières, des particuliers ont également transformé temporairement leurs logements en hébergements. Chambres chez l’habitant, maisons et espaces aménagés permettent d’absorber une partie de la demande, tout en procurant des revenus supplémentaires aux propriétaires.
La famille Herbert Ntoa a ainsi transformé sa maison le temps des festivités. En cinq jours, elle aurait généré 250 000 FCFA de revenus.
Cette économie occasionnelle illustre les effets immédiats d’un événement qui attire, pendant quelques jours, une population supplémentaire dans la capitale provinciale.
La nuit aussi profite de l’affluence
À la tombée de la nuit, le quartier Cotonou change de rythme. Alors que les cérémonies officielles sont prévues non loin de là, les visiteurs se dirigent vers les restaurants, les bars et autres établissements de loisirs.
Les vendeurs de poisson, comme Asma, ainsi que d’autres acteurs de l’économie nocturne, profitent également de cette clientèle supplémentaire. Au Centap, une boîte de nuit branchée du quartier voisin, l’activité s’est intensifiée. Les tables sont davantage occupées et les équipes travaillent jusqu’au petit matin.
Pour les acteurs de ce secteur, l’affluence représente une occasion de réaliser, en quelques jours, un niveau de recettes supérieur à celui d’une période ordinaire.
« Nous vendons deux fois plus de boissons que d’habitude », explique, sous couvert d’anonymat, l’un des travailleurs.
Quelques jours d’animation dans un quartier habituellement calme
Installé dans le quartier Andock depuis plus de vingt ans, Dogba observe cette transformation avec étonnement. « Le quartier ne dort pas », constate-t-il.
L’arrivée massive de visiteurs a modifié les habitudes : circulation accrue, activités commerciales prolongées et animation jusque tard dans la nuit. Une situation qui, au-delà de son aspect festif, remet en lumière le potentiel économique d’une ville capable d’attirer temporairement une importante clientèle. Mais cette effervescence pose aussi la question de sa durée.
Lionel, 17 ans, réside également à Ngouabi. Il observe les changements avec un regard plus critique : « Notre quartier a changé, mais quand le président Oligui Nguema va repartir, notre ville va replonger. Aujourd’hui, on a notamment un service de ramassage des ordures. Mais qu’est-ce que la ville va redevenir ? », s’interroge-t-il.
Une manne économique, mais temporaire
L’effet économique des festivités pourrait toutefois rester limité dans le temps. Une fois les délégations reparties, les hôtels retrouveront leur niveau habituel de fréquentation, les commerçants leurs volumes de vente ordinaires et les logements proposés temporairement à la location leur usage initial.
Cette situation révèle à la fois le potentiel et la fragilité de l’économie locale. En quelques jours, l’afflux de visiteurs peut faire fortement progresser les recettes de certains établissements : à l’Hôtel Pacifique, elles auraient atteint jusqu’à 7 millions de FCFA, contre environ 300 000 FCFA habituellement. Il crée également des revenus ponctuels pour les ménages et stimule les ventes des commerces de proximité.
Les principaux bénéficiaires sont les commerçants, les hôteliers, les restaurateurs, les établissements de loisirs, les transporteurs et les particuliers qui ont proposé des hébergements.
Reste désormais une question : comment transformer cette activité ponctuelle en une dynamique économique durable pour Makokou ? C’est probablement l’un des principaux enseignements économiques de ces festivités.