Le premier mensuel économique au Gabon.

Les Échos de l'éco
Votre espace, votre expérience Créez votre Une Posez vos questions à nos auteurs Jouez à nos jeux Accédez à des fonctionnalités réservées aux membres Créez votre compte maintenant et devenez membre des échos
Logo échos de l'éco
Menu
© 2026 Les échos de l'éco

Ivindo Economic Forum : libérer le potentiel économique d’une province riche en ressources

Partager
Retrouvez-nous sur Google
Ivindo Economic Forum : libérer le potentiel économique d’une province riche en ressources

Le 30 août 2026, Makokou accueillera les festivités de la Fête de la Libération, désormais organisées à tour de rôle dans les provinces du Gabon. À cette occasion, la province entend aussi mettre en avant son potentiel économique à travers l’Ivindo Economic Forum (IEF) qui se tiendra le 26 aout 2026 dans la capitale provinciale. Fer de Belinga, forêt, agriculture, énergie : l’Ogooué-Ivindo dispose d’atouts considérables, mais peine encore à transformer ses ressources en valeur et en emplois locaux. Le forum entend justement rapprocher investisseurs, grands projets et tissu économique local pour faire de la richesse du territoire un véritable levier de développement. Aziz Odjire Koumoue, Commissaire général de l’IEF, répond aux Échos de l’Éco.

1. L’Ogooué-Ivindo dispose d’un potentiel important mais reste encore peu intégrée aux grands circuits d’investissement. Quelle ambition porte l’Ivindo Economic Forum : faire connaître la province, attirer des capitaux ou accélérer la transformation économique du territoire ?

Aziz Odjire Koumoue : L’ambition de l’Ivindo Economic Forum est précisément de réunir ces trois dimensions. Il ne s’agit pas simplement de faire connaître l’Ogooué-Ivindo d'un point de vue économique j'entends, mais de faire passer le territoire d’un potentiel reconnu à un territoire effectivement investi, structuré et créateur de valeur.

Le forum se veut avant tout une tribune d'échange et d'action mais aussi une plateforme de mise en relation entre les porteurs de projets, les investisseurs, les entreprises, les institutions publiques et les partenaires techniques et financiers. Notre objectif est de transformer les ressources et les potentialités de la province en opportunités économiques concrètes, avec un impact mesurable sur l’emploi, les infrastructures, l’entrepreneuriat et les conditions de vie des populations.

2. Le projet de fer de Belinga constitue l’un des grands leviers économiques de la province. Comment le forum compte-t-il faire en sorte que cette nouvelle dynamique profite également aux PME gabonaises, aux entrepreneurs locaux et aux populations de l’Ogooué-Ivindo ?

Le projet de Belinga représente une formidable locomotive économique, mais une locomotive ne peut tirer durablement un territoire que si elle entraîne tout un écosystème autour d’elle.

À travers l'IEF, nous souhaitons favoriser la création de passerelles entre les grands projets structurants et le tissu entrepreneurial gabonais. Cela passe notamment par l’identification des besoins des grands opérateurs, la mise en relation avec les PME capables d’y répondre, le développement de compétences locales et la promotion de solutions portées par les entrepreneurs nationaux.

Le DemoDay de l’Ivindo Economic Forum s’inscrit pleinement dans cette logique. Il permettra de mettre en lumière des jeunes entrepreneurs, des porteurs de projets et des initiatives, notamment celles portées par les femmes, afin qu’ils puissent accéder à des partenaires, à des financements et à de nouveaux marchés.

Notre conviction est claire : Belinga ne doit pas être uniquement un projet minier ; il doit contribuer à faire émerger autour de lui un véritable écosystème compétitif et performant en matière industriel, logistique, entrepreneurial et de services.

3. L’un des objectifs annoncés du forum est de transformer le potentiel du territoire en opportunités d’investissement concrètes. Quels sont aujourd’hui les projets ou secteurs prioritaires que vous souhaitez présenter aux investisseurs ?

Nous souhaitons présenter une vision globale du développement de l’Ogooué-Ivindo. Le secteur minier constitue naturellement un axe majeur, avec le fer de Belinga et les autres potentialités minières de la province. Mais nous voulons également mettre en avant les défis en termes d'infrastructures, d’énergie, dela logistique, d’agriculture et d’agro-industrie, de l'exploitation forestière durable et responsable, du tourisme, l’économie numérique, etc.

4. Au-delà du secteur minier, l’Ogooué-Ivindo dispose d’importantes ressources forestières, agricoles, touristiques et énergétiques. Comment le forum compte-t-il promouvoir une diversification économique pour éviter une dépendance à une seule filière ?

La diversification est au cœur de la démarche gouvernementale actuelle. Nous considérons que le développement durable de l’Ogooué-Ivindo ne peut se soustraire à cette vision et ne reposer que sur une seule ressource, aussi stratégique soit-elle.

La province dispose d’atouts considérables dans la forêt, l’agriculture, l’élevage, le tourisme, l’énergie et l’économie verte. L’enjeu est désormais de créer des chaînes de valeur locales autour de ces ressources afin que leur exploitation génère davantage de transformation, d’emplois et de revenus sur le territoire.

Nous pensons qu'il faut privilégier la transformation locale. Et donc, il ne suffit plus d’extraire les ressources, il faut transformer, conditionner, transporter, commercialiser et créer des services autour de ces activités.

L’Ogooué-Ivindo doit donc pouvoir construire plusieurs moteurs de croissance complémentaires.

5. L’Ivindo Economic Forum prévoit plus de 100 rencontres B2B et la participation de plus de 300 acteurs économiques. Quels résultats concrets attendez-vous à l’issue de ces échanges : signatures de partenariats, annonces d’investissements, création d’emplois ou implantation de nouvelles entreprises ?

Nous souhaitons que le forum produise des résultats qui dépassent largement le cadre des échanges et des prises de parole. Les rencontres B2B doivent permettre d’identifier des partenaires, de faire émerger des projets et de créer des opportunités commerciales. Mais nous voulons surtout créer un portefeuille d’opportunités qui pourra être suivi après le forum. La réussite de l’Ivindo Economic Forum ne se mesurera donc pas uniquement au nombre de participants le 26 août. Elle se mesurera dans les mois et les années qui suivront à travers notamment les projets effectivement lancés, les entreprises implantées, les emplois créés, les financements mobilisés...

6. Comment comptez-vous convaincre les investisseurs que l’Ogooué-Ivindo est aujourd’hui un territoire prêt à accueillir des projets structurants, notamment en matière d’infrastructures, de financement et d’accompagnement administratif ?

Il faut être lucide : Les defis en Ogooué-Ivindo sont importants, c'est un territoire qui reste quand-même encore relativement éloigné des grands centres urbains et pour lequel nous comptons très peu de données économiques. En revanche, nous pouvons présenter un territoire qui a une ambition claire, des projets structurants, des ressources importantes et une volonté institutionnelle et économique de lever progressivement les contraintes qui freinent l’investissement.

Le forum permettra justement de réunir autour d’une même table les administrations, les entreprises, les investisseurs et les institutions financières afin d’identifier les obstacles et d'apporter des réponses. Les infrastructures, l’accès au financement, la disponibilité du foncier, la logistique, l’énergie, le numérique et la simplification administrative sont des conditions essentielles de l’attractivité. Notre responsabilité est de créer un dialogue concret entre ceux qui portent les projets et ceux qui ont la capacité de les accompagner.

7. Quelle place souhaitez-vous accorder aux investisseurs nationaux et aux entreprises locales dans cette nouvelle dynamique économique, afin que le développement de la province bénéficie d’abord à son tissu entrepreneurial ?

Ils doivent être au cœur de cette dynamique. L’investissement étranger est important, mais il ne doit jamais se substituer à l’investissement national ni au développement du tissu entrepreneurial local. Nous voulons favoriser un modèle dans lequel les entreprises gabonaises puissent devenir fournisseurs, sous-traitants, prestataires, partenaires et, à terme, investisseurs sur les grands projets qui se développent dans la province. Mais cela suppose de mieux connaître leurs capacités, de renforcer leurs compétences, de faciliter leur accès au financement et surtout de les connecter aux grands donneurs d’ordre.

8. Dans cinq ans, à quoi ressemblerait pour vous un Ivindo Economic Forum réussi ? Quels changements économiques ou sociaux voudriez-vous pouvoir mesurer dans la province ?

Nous portons l'ambition que dans 5 prochaines années, l'IEF ne soit plus simplement un événement mais un véritable instrument de transformation économique du territoire. Mieux encore, nous souhaitons voir émerger une nouvelle perception de l’Ogooué-Ivindo : celle d’une province qui ne se définit plus uniquement par ses ressources naturelles, mais par sa capacité à créer de la valeur, à attirer des talents, à développer ses entreprises et à accueillir des investissements durables.

Si, dans cinq ans, un investisseur qui souhaite développer un projet au Gabon considère naturellement l’Ogooué-Ivindo parmi ses premières options, si les jeunes de la province trouvent davantage d’opportunités sur leur propre territoire et si les PME gabonaises participent pleinement aux chaînes de valeur des grands projets, alors nous pourrons considérer que l’Ivindo Economic Forum aura rempli sa mission.

Posez une question à l'auteur

Une précision à demander, un point à éclaircir, un avis contraire à faire valoir ? JR DJOUE DABANY vous répond directement, et sa réponse vous attendra dans votre espace.