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QR Code CEMAC : la BEAC mise sur le paiement numérique pour accélérer l'inclusion financière

QR Code CEMAC : la BEAC mise sur le paiement numérique pour accélérer l'inclusion financière

Le lancement du QR Code interopérable de paiement de la CEMAC marque une nouvelle étape dans la modernisation des systèmes financiers d'Afrique centrale. Au-delà de l'innovation technologique, la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) cherche à accélérer l'inclusion financière, à fluidifier les paiements et à créer les conditions d'une meilleure traçabilité des activités économiques, notamment dans le secteur informel où les espèces restent largement dominantes.

À Douala, le 29 juillet 2026, la BEAC a officiellement lancé la norme régionale de paiement par QR Code, développée avec le Groupement interbancaire monétique de l'Afrique centrale (GIMAC). Selon la Banque centrale, cette innovation permettra d'effectuer des paiements instantanés grâce à un QR Code unique, utilisable quelle que soit la banque ou le portefeuille Mobile Money du client.

« Ce QR Code constitue une avancée majeure vers une économie plus intégrée, plus inclusive et plus numérique », a déclaré le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, lors de la cérémonie de lancement. Selon lui, cette solution doit contribuer à démocratiser les paiements électroniques tout en réduisant les coûts des transactions.

L'informel au cœur de la stratégie

Le choix de la BEAC n'est pas anodin. Selon la Banque mondiale, le secteur informel représente entre 40 % et 60 % du produit intérieur brut (PIB) dans plusieurs économies d'Afrique subsaharienne et concentre près de 80 % des emplois. Dans les pays de la CEMAC, une grande partie des commerçants, artisans, transporteurs ou vendeurs de marchés continue d'effectuer ses transactions exclusivement en espèces.

Pour ces acteurs, l'accès aux solutions de paiement électronique reste limité par le coût des équipements ou la complexité des procédures. Contrairement aux terminaux électroniques de paiement (TPE), souvent onéreux pour les très petites entreprises, le QR Code repose sur une infrastructure légère : un simple smartphone ou même un code imprimé suffit pour encaisser un paiement, sans équipement spécifique.

Cette réduction des coûts pourrait accélérer l'adoption des paiements numériques par les petits commerçants, souvent exclus des circuits bancaires traditionnels.

Une porte d'entrée vers le financement

Au-delà de la dématérialisation des paiements, l'enjeu est également financier. En laissant une trace numérique des ventes réalisées, le QR Code peut permettre aux banques et aux établissements de microfinance de mieux apprécier l'activité réelle de milliers de petits commerçants.

Selon la BEAC, cette traçabilité devrait progressivement faciliter l'inclusion financière et améliorer l'accès au crédit, l'un des objectifs prioritaires de la stratégie régionale de modernisation des paiements.

Toutefois, ces données ne remplaceront pas les critères traditionnels d'analyse du risque bancaire. Les établissements continueront d'évaluer les garanties, la capacité de remboursement, l'historique financier et la solidité des projets avant d'accorder un financement. Le QR Code constitue donc un outil supplémentaire d'évaluation, et non une garantie d'accès au crédit.

Le GIMAC souligne également que le système favorisera les transactions transfrontalières au sein de la CEMAC. Un commerçant gabonais pourra ainsi accepter un paiement effectué depuis un portefeuille Mobile Money camerounais ou un compte bancaire congolais, sans multiplier les solutions d'encaissement.

Le défi de l'adoption

La Banque centrale prévoit un déploiement progressif du dispositif dans les six pays de la communauté. Son succès dépendra toutefois de l'adhésion des banques, des opérateurs de Mobile Money, mais aussi de la confiance des commerçants et des consommateurs.

Les habitudes de paiement en espèces demeurent profondément ancrées dans la sous-région. Le développement du QR Code nécessitera donc un important travail de sensibilisation, une qualité suffisante des réseaux numériques et une interopérabilité effective entre tous les acteurs du système de paiement.

Si ces conditions sont réunies, le QR Code CEMAC pourrait réduire les coûts des transactions, améliorer l'inclusion financière, renforcer la traçabilité des échanges et soutenir l'intégration économique régionale. À lui seul, toutefois, il ne suffira pas à formaliser l'économie informelle, un défi qui dépend également des politiques fiscales, du cadre réglementaire et de l'accompagnement des très petites entreprises.

 

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