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Semaine de l’investisseur : quel impact pour la CEMAC ?

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Semaine de l’investisseur : quel impact pour la CEMAC ?

Du 05 au 06 octobre prochains, Douala, Brazzaville et Bangui accueilleront l'édition 2026 de la Semaine Internationale de l’Investisseur. Initiée à l’échelle globale par l’Organisation Internationale des Commissions de Valeurs (OICV) et pilotée dans la sous-région par la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF), cette grande messe financière s'impose aujourd'hui comme un rendez-vous stratégique. Mais au-delà des discours institutionnels, quel est l'impact réel d’un tel événement pour le tissu économique de la zone CEMAC ?

Pour mesurer la portée de cet événement, un retour sur les trois dernières feuilles de route s'impose. De l'édition 2023 à Brazzaville, axée sur le financement durable, la finance verte et le renforcement de l'intégration régionale post-fusion BVMAC/COSUMAF, aux assises de 2024 dédiées à la résilience et à la gouvernance des PME pour les inciter à sortir du crédit bancaire classique grâce à une transparence accrue, jusqu'à l'édition 2025 organisée entre Libreville et N'Djamena, qui a exigé un encadrement strict des FinTechs et une lutte active contre les escroqueries numériques.

L’’édition 2026 s’attaquera de front à des problématiques émergentes telles que l’impact de l’intelligence artificielle, la désinformation financière et la gestion de la volatilité des marchés. Mais le cœur du message demeure l'éducation financière. En Afrique centrale, où l'épargne informelle reste prédominante et où la méfiance vis-à-vis des produits financiers persiste, la sensibilisation des populations et des décideurs économiques constitue le premier levier de développement du marché régional.

« Le développement de notre marché financier repose avant tout sur la confiance. Et cette confiance ne peut s'installer sans une éducation financière solide, permettant à chaque citoyen et à chaque chef d'entreprise de devenir un acteur éclairé de sa propre prospérité », soulignait Jacqueline Adiaba-Nkembe, présidente de la COSUMAF.

Un constat partagé sur le terrain par les acteurs du secteur privé. À l'issue des travaux de la précédente édition, un dirigeant de PME locale confiait :

« Longtemps, les instruments du marché financier nous sont apparus inaccessibles et réservés aux seules grandes corporations. Mieux comprendre ces mécanismes nous ouvre des perspectives concrètes pour diversifier nos sources de financement et structurer notre croissance. »

Quelles avancées, un an après les recommandations de 2025 ?

Un an après l'édition 2025, l'effet d'entraînement sur l'écosystème financier de la CEMAC se traduit par des avancées significatives. On observe, d'une part, une démocratisation accrue du marché obligataire où, grâce aux campagnes de sensibilisation, la part des souscriptions des personnes physiques aux emprunts d’État et d’entreprises régionales s’est nettement renforcée (selon les données COSUMAF / BVMAC), matérialisant une réelle conversion de l'épargne vers le marché financier. D'autre part, l'effort d'alphabétisation financière porté lors des différentes éditions favorise une meilleure inclusion des PME, dont les dirigeants intègrent désormais davantage les mécanismes d'émission de billets de trésorerie ou d'ouverture de capital.

De même, l’assainissement entrepris contre les plateformes de Ponzi illégales contribue à stabiliser le marché en préservant plusieurs milliards de francs CFA d'épargne privée, progressivement redirigés vers des véhicules réglementés comme les OPCVM.

En clair, l’intérêt majeur de la Semaine Internationale de l’Investisseur réside dans sa capacité à créer des passerelles directes entre les régulateurs, les investisseurs institutionnels, les porteurs de projets et le grand public. En démystifiant les outils de placement (actions, obligations, OPCVM), la COSUMAF favorise la canalisation de l'épargne locale vers le financement durable des entreprises et des infrastructures de la sous-région.

Alors que les travaux de l'édition 2026 s'apprêtent à s'ouvrir, la réponse à la question de l'impact apparaît clairement. Loin d'être une simple formalité du calendrier financier, l'éducation financière n'est plus un luxe académique, mais un véritable catalyseur du développement économique de la sous-région.

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