La première édition de l’Ivindo Economic Forum (IEF) s’est ouverte le 26 août 2026 à l’hôtel Belinga de Makokou avec une ambition affichée : faire de l’Ogooué-Ivindo un territoire d’investissement, de transformation industrielle et de création de valeur. Autour des autorités administratives, des membres du gouvernement, des institutions publiques et des opérateurs économiques, les échanges ont placé au centre des débats la capacité de la province à convertir ses ressources naturelles en opportunités économiques durables.
Forêt, minerais, agriculture, biodiversité, position géographique : l’Ogooué-Ivindo dispose d’atouts considérables, mais doit désormais franchir une nouvelle étape. Celle de la transformation locale. C’est le message porté lors de l’ouverture de ce forum, organisé en présence notamment des représentants de Fortescue et de sa filiale locale Fortescue Belinga, engagées dans le projet minier de Belinga, mais aussi du directeur général de l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI), de la Direction générale des impôts et des membres du gouvernement.
Pour les autorités provinciales, l’enjeu est de faire émerger une nouvelle dynamique économique. Dans son discours d’ouverture, Christiane Leckat,
gouverneur de l’Ogooué-Ivindo a présenté la province comme un territoire stratégique pour le Gabon, appelé à devenir « un hub » économique grâce à ses ressources et à son potentiel.
Avec un territoire largement couvert par la forêt, un sous-sol riche en ressources minières et un patrimoine naturel reconnu à travers ses parcs nationaux, la province dispose de plusieurs secteurs susceptibles d’attirer les capitaux privés. Mais cette attractivité passe par la mise en place des conditions nécessaires à l’investissement.
« Il ne peut y avoir d’investissement sans voies de communication, sans énergie », a rappelé le gouverneur, insistant sur le rôle déterminant des infrastructures dans la transformation économique du territoire. Le développement du numérique figure également parmi les leviers identifiés pour désenclaver la province et faciliter l’activité des entreprises.
De l’extraction à la transformation locale
Au-delà de l’exploitation des ressources, le forum pose la question de la valeur ajoutée créée localement. Dans le secteur minier notamment, les autorités souhaitent que les grands projets industriels puissent générer un écosystème économique autour des PME gabonaises et favoriser l’émergence de nouveaux acteurs locaux.
Le projet de Belinga, porté par Ivindo Iron, filiale locale de Fortescue, est présenté comme un catalyseur potentiel d’une nouvelle phase industrielle. L’objectif affiché est que l’activité minière puisse entraîner d’autres secteurs : sous-traitance, services, transformation, emplois et développement des compétences locales.
« Le secteur minier doit être un catalyseur d’une nouvelle ère industrielle », a souligné pour sa part Aziz Odjiré commissaire général de l’Ivindo Economic Forum, appelant notamment à l’implantation d’unités de transformation et au développement des entreprises gabonaises autour des activités minières.
Cette ambition rejoint l’un des défis majeurs de l’économie gabonaise : dépasser le modèle basé principalement sur l’exportation des matières premières pour développer davantage de chaînes de valeur sur le territoire.
L’agriculture, autre pilier de diversification
Si les ressources minières occupent une place centrale dans les discussions, l’agriculture apparaît également comme un secteur stratégique pour diversifier l’économie provinciale.
Le ministre de l’Agriculture Pacome Kossy a insisté sur les opportunités offertes par l’Ogooué-Ivindo dans ce domaine, tout en soulignant la nécessité de franchir un cap : celui de la transformation locale des productions agricoles.
« Nous avons besoin de transformer la banane, le manioc et d’autres produits dans la province pour créer de la valeur ajoutée au niveau local », a-t-il indiqué.
L’objectif est de favoriser l’émergence d’une économie agricole capable de créer des revenus pour les populations, notamment à travers les coopératives, l’élevage et le développement de filières structurées. La pêche durable a également été évoquée comme une activité nécessitant davantage d’accompagnement et de professionnalisation.
Pour les autorités, cette diversification doit permettre de multiplier les opportunités économiques au-delà du secteur extractif et d’offrir davantage de perspectives aux jeunes et aux entrepreneurs locaux.
Un forum tourné vers les investisseurs
Avec la présence de l’Agence nationale de promotion d’investissements, de la Direction générale des impôts et des grands opérateurs économiques, l’Ivindo Economic Forum veut également rapprocher les porteurs de projets des dispositifs publics d’accompagnement.
Le message adressé aux investisseurs est clair : l’Ogooué-Ivindo veut désormais transformer son potentiel en projets concrets. « Investissez en nous », a lancé Aziz Odjire, appelant à faire de cette rencontre « la première pierre d’un nouveau départ » pour la province.
Reste désormais le défi de traduire ces ambitions en réalisations concrètes : attirer les capitaux, développer les infrastructures, renforcer les compétences locales et faire émerger un tissu d’entreprises capables de profiter des nouvelles opportunités économiques.
À Makokou, l’Ivindo Economic Forum ouvre ainsi un chantier stratégique : faire passer l’Ogooué-Ivindo d’une province riche en ressources à une province créatrice de valeur.