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Relance de Port-Gentil : qui finance, et pour quels résultats ?

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Relance de Port-Gentil : qui finance, et pour quels résultats ?

Réuni à Port-Gentil le 18 septembre, le Conseil des ministres a annoncé un effort global de 30 milliards de FCFA sur cinq ans pour la capitale économique. Derrière le chiffre, une question : qui paie ?

Plus des trois quarts venus des pétroliers

L'État apporte 7 milliards, dont une partie est déjà disponible. S'y ajouteront, sur cinq ans et après prise en compte des engagements prioritaires déjà arrêtés, 11 milliards issus des mécanismes PID-PIH de Perenco et 12 milliards mobilisés par TotalEnergies. Les deux opérateurs financent donc 23 milliards, soit 77 % de l'enveloppe (calcul de la rédaction). Ramené à l'année, l'effort est d'environ 6 milliards, à comparer aux 6 223,1 milliards du budget 2027. Le communiqué ne dit pas si les sommes des pétroliers sont des ressources nouvelles ou des engagements déjà prévus, ni selon quel calendrier elles seront versées.

Ce que l'enveloppe doit financer

Voiries, modernisation de la ville, extension de l'eau et de l'électricité, marchés, santé, logements et bâtiments administratifs, Foire, Université Pierre-Louis Agondjo Okawé : la liste est longue. Le chef de l'État exige pour chaque projet un financement sécurisé, un calendrier précis, un responsable identifié et des indicateurs de résultats. Côté énergie, deux centrales thermiques doivent fournir 50 MW supplémentaires dans les prochains mois, avec 150 MW additionnels visés à l'horizon 2032.

7 000 emplois, à quel prix ?

La mise en œuvre de ces projets pourrait générer environ 7 000 emplois directs et indirects. Rapporté aux 30 milliards, cela fait environ 4,3 millions de FCFA par emploi (calcul de la rédaction). Le ratio est indicatif : le communiqué ne distingue ni emplois de chantier et emplois durables, ni leur durée, et il ne précise pas quels projets cités entrent dans l'enveloppe. Le point de départ est un constat : chômage persistant chez les jeunes, activités réduites ou arrêtées, capitaux délocalisés. Une part importante des emplois doit être accessible aux travailleurs de la manutention, et un programme de formation à la conduite d'engins lourds sera lancé avec le Génie militaire.

Péage et terres rares

Un péage sera mis en place prochainement sur l'axe Port-Gentil–Omboué, sous la cogestion de la Mairie et de la Gendarmerie nationale, pour financer l'entretien de la route. Tarifs et calendrier ne sont pas précisés. L'État accompagnera aussi l'installation de Maboumine pour l'exploitation des terres rares à Ozouri, dans le respect des normes environnementales, du contenu local et des intérêts des riverains. Aucun montant d'investissement ni nombre d'emplois n'est avancé.

Des indicateurs pour juger

Le pari est de mettre les pétroliers, et demain les usagers de la route, à contribution pour une relance que l'État veut piloter. Sa crédibilité tiendra aux indicateurs promis, et à la capacité de transformer 30 milliards prévisionnels en chantiers visibles à l'échéance de la Fête de la Libération 2028, que l'Ogooué-Maritime doit accueillir.

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