Avec le lancement officiel de l’Institut supérieur de journalisme et de communication (ISJCT) à N’Djaména, le Tchad entend combler son déficit en compétences médiatiques. Dans une Zone CEMAC en pleine mutation, la professionnalisation de la presse et de la communication d'entreprise s'impose comme un levier direct d'attractivité économique et de compétitivité.
L’inauguration, le samedi 3 octobre 2026 à N’Djaména, de l’ISJCT dépasse le cadre d'une simple rentrée académique. En présence de membres du gouvernement, d’ambassadeurs et de chefs d’institutions, l’établissement a accueilli ses 40 premiers étudiants pour un cycle opérationnel de trois ans. Formation au journalisme reporter d’images (JRI), à la communication d’entreprise et au rôle d’attaché de presse, la grille pédagogique vise à doter le secteur privé et institutionnel de compétences adaptées à l'économie moderne.
Dans un environnement régional marqué par l’accélération des échanges transfrontaliers sous l'impulsion de la ZLECAf et la digitalisation des marchés, la capacité à produire une information économique certifiée et à gérer la réputation des entreprises est un facteur direct de compétitivité.
Face aux dérives des réseaux sociaux qui menacent la stabilité des investissements, le gouvernement tchadien mise sur la rigueur. Présidant la cérémonie, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, le Dr Sitack Yombatina Beni, a recadré les missions de cette nouvelle structure.
« L'enseignement supérieur ne doit plus être un simple espace de formation, mais un véritable moteur de production des compétences, d'innovation et de transformation économique du Tchad », a souligné le ministre, appelant l’ISJCT à devenir une « université en prise directe avec le monde du travail ».
S’adressant directement aux nouveaux apprenants, le Dr Sitack Yombatina Beni les a incités à faire de la capitale tchadienne leur premier champ d’investigation clinique.
« N’Djaména doit être pour vous un laboratoire à ciel ouvert, que vous devez observer, interroger et raconter avec rigueur, sans caricature », a-t-il déclaré.
Un équipement moderne pour structurer l'écosystème local
L’institut est porté par l’ONG MEDEV et s’est doté d’infrastructures techniques, tels que des studios d’enregistrement audio/vidéo, salle informatique et mini-amphithéâtre dimensionnées pour une immersion rapide. Cette orientation pratique s’appuie déjà sur un partenariat stratégique signé avec l’Association des Médias en Ligne du Tchad (AMET), garantissant l’adéquation formation-emploi et des passerelles directes vers les rédactions numériques.
Pour les investisseurs de la zone CEMAC, la professionnalisation des communicants d'entreprise et des journalistes régionaux représente un gage de transparence. Un marché correctement documenté, soutenu par des données économiques fiables et des stratégies de communication responsables, réduit les risques perçus et sécurise le climat des affaires.
L’ouverture de ce nouveau pôle de compétences médiatiques à N'Djaména prouve que la compétitivité d'un pays repose autant sur ses infrastructures physiques que sur la valorisation de son capital humain et de son information.