Nouveau cap pour l’économie numérique gabonaise. Le ministère de l’Économie Numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation a supervisé, ce 14 septembre 2026 à Libreville, la signature d’un partenariat public-privé (PPP) stratégique entre la Société de Patrimoine des Infrastructures Numériques (SPIN) et la société de droit gabonais GABON FIBER S.A.
Ce contrat d’une durée de 20 ans sous un modèle affermo-concessif, confie à GABON FIBER S. A. l’exploitation, la modernisation et l’extension du Backbone National Gabonais (BNG). Cette signature actera en novembre 2026 la fin de la délégation de service public attribuée jusqu'ici au groupe français Axione, concrétisant ainsi la volonté de l'État de confier ses infrastructures critiques à un opérateur national.
L'enjeu financier de cet accord est majeur. GABON FIBER S.A. investira plus de 41 milliards de francs CFA sur fonds propres pour construire 1 651 km de nouvelles lignes optiques, portant le réseau national cible de 1 782 km à 3 433 km.
« Aujourd'hui, on passe d'un opérateur qui était un partenaire étranger à un opérateur gabonais [...]. À la fin, au bout de 20 ans de la concession, ces infrastructures seront rétrocessionnées à la SPIN », a déclaré Lauric Étienne Owono Engongah, Directeur général de GABON FIBER S.A.
L’extension repartie en trois phases opérationnelles, couvrira des axes prioritaires précis : Lambaréné-Mouila-Tchibanga et Lalara-Makokou-Okondja (Phase 1), Port-Gentil-Mandji-Yombi (Phase 2), puis Ndendé-Mimongo-Koulamoutou (Phase 3). Un maillage qui vise à réduire la fracture numérique interprovinciale et à désenclaver les bassins économiques de l'intérieur du pays.
GABON FIBER S.A. fournira ses capacités aux opérateurs de téléphonie mobile et fournisseurs d'accès internet à des tarifs équitables et non discriminatoires. Une architecture de marché mutualisée destinée à stimuler la concurrence dans le détail et à faire baisser le coût de la donnée pour le grand public.
Du côté de l’État, le régulateur patrimonial entend veiller au strict respect des cahiers des charges. « Pendant 20 ans, la SPIN va veiller à ce que toutes les conditions contractuelles soient suivies afin qu'après 20 ans, on ait un patrimoine public qui soit nettement plus important que les kilomètres que nous avons aujourd'hui », a souligné la représentation de la SPIN.
Les autorités ministérielles voient en ce partenariat, la réponse avant tout à un double impératif de souveraineté et d'impact socio-économique. « Nous sommes en train de doubler la capacité de la fibre optique. Cela va permettre d'améliorer la vitesse et la rapidité d'Internet, mais également d'en faire baisser le coût à court et moyen terme pour les populations gabonaises. La fibre optique était depuis plus d'une décennie concédée à un partenaire étranger ; la vision du président de la République est que le Gabon reprenne sa souveraineté sur ses infrastructures critiques », a rappelé le ministère de l'Économie Numérique, Mark Alexandre Doumba.
Un plan de transition technique est d'ores et déjà enclenché sous la supervision de la SPIN pour garantir la continuité des services, de la cybersécurité et du Centre d'exploitation du réseau (NOC), lors du passage de témoin en novembre prochain.