Le Congo devrait rester en 2026 le premier producteur de pétrole de la CEMAC, devant le Gabon et le Tchad. Les prévisions de la BEAC font apparaître des niveaux de production différents et des évolutions contrastées selon les pays. Une photographie qui permet de mieux comprendre la place des hydrocarbures dans les économies d’Afrique centrale.
Le Congo en tête, le Gabon deuxième
La production pétrolière de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale reste concentrée sur quelques pays. Selon les prévisions pour 2026, le Congo devrait conserver la première place avec 13,7 millions de tonnes, devant le Gabon avec 10,8 millions de tonnes.
Le Tchad arrive en troisième position avec 7,9 millions de tonnes. Plus loin, la Guinée équatoriale et le Cameroun afficheraient respectivement 2,8 millions et 2,6 millions de tonnes.
Sur un total d’environ 37,8 millions de tonnes pour les cinq producteurs, le Congo, le Gabon et le Tchad concentreraient ainsi près de 86 % de la production pétrolière de la CEMAC.
Cette répartition montre le poids particulier de ces trois économies dans le paysage pétrolier régional. Elle rappelle également que la production d’hydrocarbures n’est pas répartie de manière uniforme au sein de la communauté.
Des trajectoires différentes
Au-delà des volumes, les prévisions font apparaître des évolutions différentes entre les pays.
La production congolaise progresserait de 1,5 % en 2026, tandis que celle du Tchad augmenterait de 3,9 %. Le Gabon afficherait pour sa part une évolution de -3,6 %. La Guinée équatoriale et le Cameroun enregistreraient également des baisses, respectivement de 12,5 % et 3,7 %.
Ces variations doivent toutefois être interprétées avec prudence. Une évolution annuelle de la production ne permet pas, à elle seule, de conclure à une tendance durable. Pour apprécier la trajectoire d’un secteur pétrolier, il faut également tenir compte de la maturité des champs, des investissements, des nouveaux projets et de l’évolution des réserves.
Le recul prévu pour un exercice ne signifie donc pas nécessairement que la capacité pétrolière d’un pays est appelée à diminuer durablement.
Produire plus ne signifie pas forcément gagner plus
La comparaison des volumes permet de comprendre qui produit quoi, mais elle ne suffit pas à mesurer le poids économique du pétrole.
Une tonne de pétrole produite ne correspond pas automatiquement au même niveau de recettes pour les États. Entre la production et les revenus effectivement tirés des hydrocarbures interviennent plusieurs paramètres : les cours internationaux, les volumes exportés, la consommation intérieure, les coûts d’exploitation, les conditions des contrats pétroliers et la fiscalité.
Il faut également distinguer production, exportations et recettes publiques. Un pays peut produire une quantité importante de pétrole sans que l’ensemble de cette production soit exporté ou que la totalité de sa valeur revienne directement au budget de l’État.
Cette distinction est essentielle pour comparer les économies de la CEMAC. Le classement par millions de tonnes ne constitue donc qu’une première lecture de l’importance des hydrocarbures.
Une ressource encore structurante
Malgré les différences entre les pays, le pétrole demeure une ressource structurante pour plusieurs économies de la CEMAC. Il intervient dans les exportations, les recettes publiques et les équilibres extérieurs, avec une importance variable selon les structures économiques nationales.
La comparaison régionale permet surtout de mesurer la diversité des situations. Le Congo et le Gabon disposent des deux plus importants volumes prévisionnels de production en 2026, tandis que le Tchad occupe une place significative avec près de huit millions de tonnes. La Guinée équatoriale et le Cameroun disposent de volumes plus faibles dans cette comparaison.
La question économique ne se limite donc pas au niveau de production. Elle porte également sur la manière dont chaque pays valorise cette ressource et utilise les revenus qu’elle génère.
Pour les États producteurs, l’enjeu consiste à maintenir une activité pétrolière capable de soutenir les finances publiques et l’économie, tout en développant progressivement d’autres sources de croissance. Dans une région où les hydrocarbures restent importants, la diversification apparaît ainsi moins comme une rupture avec le pétrole que comme un moyen de réduire progressivement la dépendance à une seule ressource.
Les chiffres prévisionnels de 2026 donnent finalement une image simple de la carte pétrolière de la CEMAC : une production concentrée sur trois principaux producteurs, mais des trajectoires différentes d’un pays à l’autre. Pour comprendre les conséquences économiques de cette répartition, il faut donc regarder au-delà des seuls volumes produits.