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Économie bleue : l'Afrique mise sur sa jeunesse avant IMPAC6

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Économie bleue : l'Afrique mise sur sa jeunesse avant IMPAC6

Alors que le Sénégal s'apprête à accueillir, du 22 au 27 mars 2027, la 6ᵉ édition du Congrès International sur les Aires Marines Protégées (IMPAC6), une première historique sur le continent africain, la gouvernance durable des océans s'impose comme un impératif économique majeur. Un récent webinaire consacré au leadership des jeunes a mis en lumière le rôle central des nouvelles générations dans la valorisation du capital marin.

Dans un paysage économique où les pays côtiers cherchent à concilier croissance, sécurité alimentaire et préservation du patrimoine naturel, un changement de paradigme s’opère. La protection des écosystèmes marins n’est plus perçue comme une contrainte réglementaire, mais comme le moteur d'une économie bleue inclusive, durable et créatrice de valeur.

L'enjeu économique de la conservation marine repose sur des données empiriques solides. Selon les estimations de la Banque mondiale et du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), l'économie bleue en Afrique génère annuellement plus de 296 milliards de dollars de valeur brute et soutient près de 49 millions d'emplois directs et indirects, principalement dans la pêche artisanale, l'aquaculture et le tourisme balnéaire.

Cependant, cette richesse fait face à des menaces systémiques. L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime que la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) entraîne une perte financière annuelle de 1,3 milliard de dollars pour le seul golfe de Guinée.

Face à ce manque à gagner, la création de réserves marines intégrales permet l’« effet débordement » (spillover effect). La reconstitution des stocks au cœur des aires protégées fertilise les zones de pêche adjacentes, sécurisant directement les revenus et l'approvisionnement des populations littorales.

Le modèle gabonais et l’opportunité du Carbone Bleu

Au Gabon, pionnier de la conservation marine avec son initiative Gabon Bleu, le réseau de 20 parcs et réserves maritimes protège aujourd'hui 26 % de la Zone économique exclusive (ZEE) (Banque mondiale, 2023).

Outre la préservation de la biomasse halieutique, les zones côtières gabonaises recèlent un potentiel financier majeur, en l’occurrence les mangroves. Capables de séquestrer jusqu'à 4 à 5 fois plus de carbone par hectare que les forêts tropicales terrestres (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat - GIEC), ces écosystèmes représentent une opportunité clé d'accès aux marchés mondiaux de la finance verte via la vente de crédits « Carbone Bleu ».

Le cap fixé sur Dakar 2027

Pour maximiser ces retombées économiques, le webinaire organisé par le RAMPAO et ses partenaires a souligné le rôle clé de la jeunesse. Les jeunes professionnels ne se contentent plus de relayer des campagnes de sensibilisation : ils s’approprient l'ingénierie technique et la gouvernance des espaces marins.

L'appropriation d'outils de gestion avancés, à l'instar du dispositif IMET (Integrated Management Effectiveness Tool) développé par l'UICN, permet aux jeunes praticiens d'évaluer scientifiquement et financièrement l'efficacité des zones protégées. De la surveillance côtière à l'écotourisme guidé, en passant par la certification des filières de pêche durables, ces compétences spécialisées transforment les jeunes actifs en gestionnaires du capital marin.

IMPAC6 réunira au Sénégal des gestionnaires d'aires protégées, des représentants de gouvernements, des scientifiques, des investisseurs du secteur privé et des acteurs communautaires. L'intégration dès aujourd'hui des jeunes praticiens dans cette dynamique permet d'aligner les initiatives locales sur les standards internationaux de financement et de gestion. En investissant dans sa jeunesse et en structurant sa souveraineté maritime, l'Afrique pose les fondations d'un développement durable où la préservation de l'océan devient la garantie de sa prospérité économique future.

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