La première édition du Forum National de l’Épargne pour le Développement (FONED) s'est achevée le 3 septembre à Libreville. Organisées par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) du Gabon avec la participation de plusieurs acteurs du secteur de la microfinance, l’objectif de ces assises est clairement défini, notamment faire de l'épargne domestique et de celle de la diaspora le levier principal du financement du développement national.
De façon traditionnelle, le financement des projets d’infrastructure et de développement au Gabon reposait principalement sur l’endettement extérieur et le crédit bancaire traditionnel. Le Forum National de l’Épargne pour le Développement (FONED) a posé les bases d’une rupture structurelle. Le nouveau schéma engage de capter les ressources financières internes pour réduire la dépendance vis-à-vis des bailleurs internationaux et dynamiser l'économie locale.
Désormais, l'accent est mis sur la structuration de l’épargne informelle (tontines, liquidités conservées hors du circuit bancaire) et sur la création d'instruments capables de transformer ces liquidités en investissements productifs à long terme.
« Ce que le FONED va changer, c’est de se dire que pour financer l’économie, on n’a pas nécessairement besoin d’aller emprunter auprès des établissements de crédit ou à l’extérieur. Quelle est la part que le Gabonais peut financer à travers ses propres ressources ? C’est de commencer par l’épargne nationale pour financer les besoins de développement, et mieux la structurer », a expliqué l’administrateur directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Marius Issa Nkori.
Objectif chiffrés et orientations stratégiques des experts
Les défis de financement du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) 2026-2030 sont majeurs. L’enveloppe globale est estimée à près de 27 000 milliards de FCFA, dont environ 18 000 milliards de FCFA doivent provenir du secteur privé et des ressources endogènes.
Pour répondre à cette exigence, la CDC fixe un cap ambitieux en visant la collecte de 100 milliards de FCFA sur 10 ans grâce au déploiement de deux nouveaux produits d'épargne réglementée, notamment Okira, dédié aux résidents nationaux, et Okira 24, conçu spécifiquement pour la diaspora gabonaise. Des produits qui résultent d’une enquête menée auprès de la diaspora dans plus de sept pays (incluant la France) afin de concevoir des véhicules d'investissement adaptés à leurs attentes.
« Nous allons travailler pour accélérer la mise en œuvre de ces propositions. L’objectif est de passer rapidement à la phase d'exécution pour que ces ressources soutiennent concrètement nos projets stratégiques », a réaffirmé le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier.
À l’issue des travaux en commissions et tables rondes, les experts ont formulé plusieurs orientations majeures, à savoir la création de fonds thématiques et de sociétés de projet pour canaliser les ressources vers des priorités nationales telles que le logement social et les infrastructures de base ; le renforcement de l’inclusion financière par la digitalisation des flux et l'adaptation de l'offre aux acteurs du secteur informel ; la mise en place de mécanismes de financement mixte (blended finance) associant capitaux publics et privés pour sécuriser les placements tout en garantissant des rendements attractifs, ainsi qu'un cadre de gouvernance renforcé garantissant la transparence financière pour consolider la confiance des épargnants.
Cette alliance entre pouvoirs publics, secteur financier et épargnants pose les fondations d’une souveraineté financière nationale durable.