Le premier mensuel économique au Gabon.

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Emploi au Gabon : 41% des formations manquent leur cible

Emploi au Gabon : 41% des formations manquent leur cible

La réussite de la transition économique hors-pétrole du Gabon dépendra en grande partie de sa capacité à insérer sa jeunesse sur le marché du travail. C’est ce que révèle une récente enquête d’Afrobarometer, en mettant en lumière les faiblesses actuelles du secteur de l’emploi.

L’Afrique abrite plus de 500 millions de jeunes, un réservoir de talents sans équivalent. Pourtant, l’accès à l’emploi demeure une impasse. Au Gabon, comme sur le continent, la jeunesse fait face à un marché du travail sous tension.  Selon la récente enquête d’Afrobarometer, menée dans 38 pays africains entre 2024 et 2025, 43% des 18-35 ans sont au chômage et en recherche active d’emploi, contre 30% chez les 36-55 ans. 

Loin des préjugés sur le manque de motivation, les résultats révèlent une prise de conscience lucide des premiers concernés. Interrogés sur les barrières principales à l’embauche, les jeunes pointent d’abord le manque de formation adéquate, soit 27%, et le manque d’expérience, soit 19%. Suivent la réticence face aux emplois pénibles, 15%, l’inadéquation entre qualifications et exigences du marché, 14%, ainsi que le manque de compétences entrepreneuriales, 11%.

Inadéquation du modèle gabonais

Le manque de formation technique et l’inadéquation des diplômes représentent donc 41% de blocages. Au Gabon, ce hiatus s’observe directement dans les filières de croissance (bois, mines, agro-industrie, numérique) qui peinent à recruter des techniciens pour des débouchés administratifs ou tertiaires saturés. 

Ces données démontrent que le chômage des jeunes au Gabon découle d’un problème d’ajustement structurel. En identifiant précisément le tandem “ manque de formation” et “déficit d’expérience”, l’étude recadre le débat. Pour réussir sa transition économique hors-pétrole, l’État ne peut faire l’économie d’une refonte globale de son capital humain. 

Les priorités budgétaires pour la jeunesse

Invités à arbitrer les dépenses publiques destinées à la jeunesse, les personnes interrogées établissent des priorités très nettes. Avec 48%, la création d’emplois s’impose comme l’urgence absolue. Pour y répondre, l’accent doit être mis sur le soutien au tissu productif local et sur la dynamisation de la transformation des ressources naturelles au sein des zones économiques spéciales. Deuxième levier majeur, la formation professionnelle et l’éducation, avec 31%. Elle implique une restructuration profonde qui passe à la fois par la revalorisation de l’enseignement technique (14%) et par la modernisation des programmes scolaires (17%), pour coller aux besoins du marché. 

Enfin, le financement de l’entrepreneuriat rassemble 13% des suffrages. Il constitue le troisième pilier d’intervention, nécessitant la mise en place d’outils concrets comme des fonds de garantie des prêts d’amorçage pour concrétiser les projets des jeunes porteurs.  

L’éclairage des données du PNPE

L’alignement entre les priorités exprimées et la réalité du terrain est frappant. En effet, le marché du travail gabonais souffre d’un déficit d’adéquation formation – emploi. Alors que les jeunes de moins de 35 ans représentent 80% des demandeurs d’emploi inscrits au PNPE, la part des profils issus de l’enseignement technique et professionnel n'atteint pas les 40%. Un décalage qui crée une inadéquation structurelle avec les offres des entreprises. La volonté affichée par le public de concentrer les moyens sur l’apprentissage technique et la transformation locale dans les filières de transformation locale (ZES) répond exactement au goulot d’étranglement identifié par l’agence nationale de l’emploi. 

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