Dans un contexte de transformation structurelle où le Gabon cherche à affranchir son économie de la dépendance extractive, l’examen de la loi de finances s'impose comme le levier central de cette ambition. Au Palais Léon Mba, l’ouverture de la session budgétaire, ce 1er septembre 2026, a été l’occasion pour le président de l'Assemblée nationale (PAN), Michel Régis Onanga Ndiaye, de donner le ton de cette 2e session annuelle. En ligne de mire, l’exigence de rationalisation de la dépense publique au service de la performance économique.
Pour le président de la Chambre basse du Parlement, le vote du budget ne saurait se réduire à une simple formalité comptable. Face aux impératifs de développement et de consolidation des finances publiques, l'accent est désormais mis sur la valeur créée par chaque franc CFA engagé par l'État.
« Nous allons discourir des chiffres, des recettes, des dépenses, d’investissement, de dette, de priorités publiques [...]. Notre responsabilité partagée sera de nous assurer que chaque franc dépensé le soit de manière utile, efficace et transparente », a assuré Michel Régis Onanga Ndiaye.
Cette rigueur dans l'allocation des ressources vise à garantir que les crédits budgétaires financent prioritairement les infrastructures structurantes et les secteurs porteurs de croissance, indispensables à la diversification du tissu économique gabonais.
La réussite des projets d'investissement public repose sur un suivi rigoureux de leur exécution. Pour éviter les retards de livraison et le surcoût des chantiers d'infrastructures, les députés entendent exercer pleinement leur mission constitutionnelle de contrôle des politiques publiques.
« Voter le budget, ce n’est pas donner un blanc-seing, mais plutôt confier une mission. Le Parlement a donc le devoir d’en contrôler l’exécution », a souligné le PAN.
Une exigence qui se traduira concrètement par la reprise des tournées parlementaires d'évaluation sur l'ensemble du territoire national. L'objectif est d'interroger directement l'effectivité des chantiers et la qualité des réalisations, afin de garantir un impact réel sur le quotidien des populations et l'attractivité des régions.
Si un accent particulier est mis sur les investissements matériels, l'analyse des travaux parlementaires met en relief deux piliers essentiels à la compétitivité du pays : la valorisation du capital humain et l'équilibre des pouvoirs.
Pour Michel Régis Onanga Ndiaye, la rationalisation du système d'allocation et de versement des bourses d'études, associée à une orientation stratégique dès le secondaire et le supérieur, est nécessaire pour aligner la formation des jeunes sur les besoins réels des filières d'avenir.
Par ailleurs, tout en saluant les réformes administratives en cours, il a affirmé qu’elles sont déterminantes pour favoriser l'autonomie administrative et financière des institutions et fluidifier le fonctionnement de l'appareil d'État en évitant les contraintes de trésorerie séquentielles.
En positionnant la redevabilité et l'efficacité au centre du débat budgétaire, l'Assemblée nationale rappelle que la souveraineté économique du Gabon repose sur une gouvernance irréprochable des deniers publics.