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Sénat : entre urgence budgétaire et réformes structurelles, Huguette Nyana Ekoume-Awori fixe les priorités

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Sénat : entre urgence budgétaire et réformes structurelles, Huguette Nyana Ekoume-Awori fixe les priorités

En ouvrant la seconde session ordinaire du Parlement consacrée à l’examen de la Loi de finances, la présidente du Sénat, Huguette Nyana Ekoume Ep Awori Onanga, a posé les bases d’une trajectoire économique axée sur les réformes de fond et l’équité territoriale. Entre la restructuration du secteur de l'eau et de l’électricité, l’objectif de transformation locale des ressources minérales et la réorganisation des finances publiques, la Chambre haute exhorte le gouvernement à traduire la rigueur budgétaire en impacts réels pour le quotidien des Gabonais et le développement des provinces.

Face aux membres du gouvernement, diplomates, présidents d’institutions, sénateurs et autres acteurs politiques, la présidence de la haute chambre a fermement rappelé que les choix budgétaires à venir devront refléter les priorités socio-économiques urgentes des Gabonais. L'ouverture de cette deuxième session ordinaire, dite « budgétaire », constitue une étape cruciale du calendrier républicain.

« La discussion du budget de la nation constitue un des moments les plus importants de la vie démocratique de notre pays. Elle ne se réduit pas à l'examen des chiffres, des recettes et des dépenses : elle traduit des choix de société, fixe nos priorités et détermine pour une large part la capacité de l'État à répondre aux besoins de ses citoyens », a précisé Huguette Nyana Ekoume.

Au cœur des annonces de cette rentrée figure la concrétisation de la feuille de route gouvernementale visant la scission de la Société d'Énergie et d'Eau du Gabon (SEEG) en deux entités distinctes. Destinée à résoudre durablement les pénuries d’eau et d’électricité, cette réorganisation s’accompagne d’un partenariat technique d'envergure avec le groupe Suez pour restructurer la distribution d'eau potable.

Sur le plan de l’investissement privé et de la sécurisation patrimoniale, le Sénat suit de près l'opérationnalisation du guichet unique foncier. Visant un objectif massif de 50 000 titres fonciers, ce dispositif constitue un levier déterminant pour libérer l'accès au crédit bancaire et stimuler la promotion immobilière locale.

Sur le plan industriel et diplomatique, la haute chambre a salué les retombées de la diplomatie économique, notamment les accords fixant à 2029 l'échéance de la transformation locale intégrale du manganèse. Une impulsion qui vise à sortir du modèle d’exportation brute pour bâtir une chaîne de valeur nationale créatrice d'emplois qualifiés.

Toutefois, pour le Palais Omar Bongo Ondimba, toute dynamique industrielle doit irriguer l'ensemble du territoire national. La présidence du Sénat a ainsi insisté sur la nécessité impérieuse de concrétiser la décentralisation des ressources pour résorber les déséquilibres provinciaux :

« En cette période actuelle de consolidation de la 5e République, le Sénat est positionné comme le moteur de la décentralisation effective et doit veiller au transfert réel des compétences et des ressources vers les collectivités locales, afin de réduire la fracture entre la capitale et l'intérieur du pays », a-t-elle déclaré.

Pour l’institution parlementaire, l’efficacité des réformes repose sur une orthodoxie financière stricte. Outre le soutien aux réformes administratives menées par le ministère de la Fonction publique, axées sur la dématérialisation et le contrôle des effectifs de l'État, le Sénat a rappelé à l'exécutif l'exigence du respect de la loi n° 10/99 encadrant le versement automatique des crédits alloués aux institutions publiques par le Trésor public.

Les débats qui s'ouvrent au palais Omar Bongo Ondimba s'annoncent déterminants. Les sénateurs entendent faire du prochain budget un levier direct d'impact socio-économique pour les ménages et les entreprises gabonaises.

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