Fondée en 2000 à Libreville par le docteur Edith Lucie Bongo Ondimba, pédiatre et alors Première Dame, la Polyclinique El Rapha devait devenir une référence de la santé de la mère et de l'enfant au Gabon. Après la disparition de sa fondatrice en 2009, l'établissement traverse de fortes turbulences, jusqu'à la fermeture de sa néonatologie. Réstructuré depuis, il propose aujourd'hui urgences 24h/24, blocs opératoires, laboratoire et imagerie complète. Son directeur général, Curtis Opra Andjoua, revient sur ce parcours.
Aux Trois Quartiers, à Libreville, un bâtiment de trois niveaux s'est imposé comme l'une des adresses de la médecine de pointe. Mais un établissement de santé, ce n'est jamais seulement des murs et des équipements. Si vous deviez raconter El Rapha comme une histoire, par où commenceriez-vous ? Qu'est-ce qui en fait aujourd'hui la véritable identité ?
Par un mot : la résilience. Créée au début des années 2000, El Rapha propose aujourd'hui un large éventail de soins spécialisés : urgences, réanimation 24h/24, chirurgie, gynécologie-obstétrique, néonatologie, pédiatrie, hémodialyse et un plateau d'imagerie avec scanner, mammographie et échographie.
Nous sommes aussi un acteur de proximité. Lors de notre Action de Solidarité Médicale de juillet 2026, 5 168 patients ont été pris en charge gratuitement en trois jours. Nous menons également des dépistages gratuits pendant Octobre Rose.
Après plus de 25 ans, El Rapha incarne une médecine privée gabonaise qui conjugue technicité, proximité, sécurité des soins et solidarité, fidèle à l'œuvre de notre fondatrice.
Cette histoire n'a pourtant rien d'un long fleuve tranquille. Pendant de longues années, El Rapha a traversé des zones de turbulences si profondes que l'établissement a semblé, un temps, condamné à disparaître. Que s'est-il passé durant ces années difficiles ?
Ces années ont été marquées par de profondes turbulences. Je les résumerais en trois mots : résilience, pour traverser les difficultés sans perdre de vue notre vocation ; travail, car on ne reconstruit pas un établissement de santé sans équipes engagées ; excellence, pour répondre aux exigences actuelles de la médecine et aux attentes des patients.
Pendant près de dix ans, le service de néonatologie est resté fermé. Dix ans, c'est une génération entière de nouveau-nés privés de ce filet de sécurité essentiel. Pourquoi une si longue fermeture, et que représente sa réouverture ?
Le service a fonctionné jusqu'en 2014, puis a rouvert en 2024. Avec un taux de natalité d'environ 30 ‰ au Gabon, il était essentiel, pour un acteur majeur du privé comme nous, de le relancer avec un plateau technique adapté et un personnel qualifié, afin de sécuriser les naissances et de bien prendre en charge les nouveau-nés, notamment les prématurés. C'est aussi une fidélité à notre fondatrice, elle-même pédiatre, qui plaçait la santé de l'enfant au cœur de tout.
De cette traversée du désert est né un plateau technique méconnaissable : blocs opératoires spécialisés, imagerie de pointe, laboratoire intégré. Peu d'établissements privés de la sous-région peuvent en dire autant. Qu'est-ce que cela change pour le patient ?
Je résumerais cette reconstruction en trois mots : innovation technique, accessibilité et expertise. La modernisation n'a de sens que si elle améliore concrètement la prise en charge. L'accessibilité, c'est permettre au patient de trouver, dans un même établissement, différents niveaux de soins. Et l'expertise, c'est une expérience médicale construite dans le temps, que nous renforçons par les équipements et les compétences.
Comment assurez-vous urgences et ambulance 24h/24 ? Quels moyens faut-il mobiliser pour qu'un patient ne soit jamais seul face à l'urgence, même en pleine nuit ?
Grâce à une équipe médicale qui allie expérience et jeunesse : au minimum deux médecins présents en permanence, encadrés par une major forte de plus de 25 ans d'expérience, et une équipe paramédicale toujours à pied d'œuvre. Notre ambulance est disponible 24h/24 pour le transport des personnes malades, blessées ou enceintes, en position allongée en ambulance ou assise en VSL (Véhicule Sanitaire Léger), avec une assistance infirmière lorsque la situation l'exige.
En juillet dernier, El Rapha a ouvert grand ses portes : plus de 5 000 patients reçus gratuitement en trois jours. Qu'est-ce qui vous a poussé à organiser cette action, et qu'en retenez-vous ?
Du 16 au 18 juillet 2026, nous avons proposé gratuitement consultations spécialisées, examens et médicaments, pour lever les barrières financières à l'accès aux soins. Plus de 1 000 analyses et 400 examens d'imagerie ont été réalisés. L'opération a mobilisé une part importante de notre dispositif médical. Cette opération nous a rappelé que derrière chaque chiffre, il y a une personne, une famille, parfois une situation qui exige une réponse. Je remercie nos actionnaires, Mme Yacine Bongo Ondimba et M. Omar Denis Bongo Ondimba, pour leur accompagnement.
Pour conclure, un regard vers l'horizon. Quelle est votre ambition pour les années à venir ? Et que diriez-vous aujourd'hui à vos patients et à vos partenaires ?
Apporter une médecine de pointe au plus près des populations gabonaises. Nous voulons rester une référence pour les cas complexes, grâce à la modernisation continue de notre plateau technique et à la formation de nos équipes. Nous allons aussi digitaliser le parcours patient, de l'admission à la sortie, pour réduire les délais et mieux coordonner les soins. Nous voulons enfin faire de l'expérience patient une priorité : un environnement accueillant et chaleureux, où chaque patient se sent écouté, respecté et accompagné. Notre vision repose sur trois piliers : l'excellence médicale, l'innovation et l'humain. Car notre ambition n'est pas seulement de soigner davantage et mieux, mais d'associer la technologie et l'expertise médicale à une prise en charge profondément humaine.
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