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Panne géante d’électricité : qui paie la facture des pertes d’exploitation ?

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Panne géante d’électricité : qui paie la facture des pertes d’exploitation ?

Pendant trois jours consécutifs, du 15 au 18 septembre 2026, le centre-ville de Libreville est resté plongé dans le noir. Médias, établissements financiers et commerces ont vu leurs activités totalement paralysées. Face à un rendement nul et des surcoûts d'exploitation qui s'accumulent, la question de la responsabilité financière et juridique de la SEEG est plus que jamais posée.

« Trois jours sans électricité au centre-ville, c'est trois jours de chiffre d'affaires partis en fumée, mais avec des charges fixes qui, elles, ne s'arrêtent pas », s'insurge le gérant d'un établissement financier de la place administrative.

Dans les salles de rédaction des médias audiovisuels et numériques, les plateaux sont restés muets et les publications bloquées. Dans les agences de microfinance et les caisses, le traitement des transactions est devenu impossible. Dans les commerces, les serveurs et terminaux de paiement sont restés éteints. Pour l'ensemble du tissu économique du centre des affaires, le bilan est sans appel : un rendement nul et une trésorerie lourdement impactée.

Pour tenter de maintenir un service minimal, les entreprises dotées de groupes électrogènes ont dû faire tourner leurs équipements en continu. Une solution d'urgence qui transforme une crise d'approvisionnement en gouffre financier, le coût au litre du gazole dépassant largement le tarif habituel du kilowattheure du réseau public.

Quant aux Très Petites Entreprises (TPE) et commerces de proximité dépourvus de groupes autonomes, l'impact s'est traduit par un arrêt net de l'activité. Entre la perte de marchandises périssables, les interruptions de paiement et l'impossibilité d'honorer les engagements contractuels, la facture globale s'annonce colossale.

La bataille de la responsabilité juridique

Sur le plan légal, la question du préjudice met en lumière les limites structurelles des recours des abonnés face au concessionnaire du service public. En tant que concessionnaire, la SEEG est théoriquement tenue à une obligation stricte de continuité de service. Toutefois, lors d'incidents d'envergure, l'opérateur s'exonère fréquemment de sa responsabilité en invoquant le cas fortuit, la force majeure ou des avaries imprévisibles sur le réseau, telles que les pannes sur les lignes à haute tension ou les câbles souterrains.

Face à cette posture, les entreprises se heurtent au lourd fardeau de la preuve. Pour espérer prétendre à un dédommagement, chaque structure doit établir la preuve formelle de son dommage à travers des constats de commissaire de justice (huissier), la justification des surcoûts en carburant et la comptabilisation rigoureuse du manque à gagner, tout en démontrant un lien de causalité direct et incontestable avec la coupure.

« Au quotidien, nous ne recevons de la SEEG que de simples points d'information annonçant une succession d'incidents techniques sur leurs infrastructures. Cette situation inadmissible semble malheureusement devenir la norme, sans qu'aucun plan d'accompagnement ou de compensation ne soit proposé aux usagers », se désole un responsable économique.

En l'absence de mécanismes d'indemnisation automatique pour les pertes d'exploitation indirectes, ces démarches individuelles aboutissent rarement. Le recours collectif et la médiation menée par les organisations patronales auprès de l'État restent le seul véritable levier d'action crédible pour faire valoir le préjudice subi.

En l'état actuel de la régulation, si aucune transaction à l'amiable ou décision de justice ne vient contraindre le fournisseur d'énergie, ce sont une fois de plus les PME et les entreprises locales qui supporteront seules le coût de cette instabilité énergétique.

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