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Coupures d'électricité : Où est la société de patrimoine et que fait-elle ?

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Coupures d'électricité : Où est la société de patrimoine et que fait-elle ?

Dans le débat sur les délestages, un acteur reste peu visible : la Société de Patrimoine, entreprise publique pourtant centrale dans l'architecture du système électrique gabonais. Que fait-elle réellement pour sécuriser l'outil électrique national ?

Une société qui n'est pas la SEEG

La Société de Patrimoine du Service Public de l'Eau Potable, de l'Énergie Électrique et de l'Assainissement est un établissement public créé en 2011, placé sous la tutelle technique du ministre chargé de l'Énergie et des Ressources hydrauliques. Elle est l'instrument de mise en œuvre de la politique d'exploitation et de conservation des équipements publics d'énergie électrique, de ressources hydrauliques et d'assainissement : unités de production appartenant à l'État (barrages, centrales thermiques, panneaux photovoltaïques), lignes de transport, production et distribution d'eau potable, installations d'assainissement.

Concrètement, elle détient notamment la centrale thermique d'Alénakiri, la centrale thermique de Cap Lopez et la centrale hydroélectrique de Grand Poubara, pour des capacités respectives de 70 MW, 52,5 MW et 160 MW, ainsi que les lignes et postes associés.

Pourquoi le citoyen entend-il surtout parler de la SEEG ? Parce que les deux entreprises n'ont pas la même fonction : la SEEG gère la distribution et la relation client, la Société de Patrimoine l'outil de production. Le courant qui arrive chez le consommateur résulte d'une chaîne à plusieurs acteurs, et c'est là que le débat devrait commencer.

Où est-elle aujourd'hui ?

La réponse officielle n'est pas « elle ne fait rien ». En avril 2026, elle a signé un avenant à son contrat avec Reminac pour adapter la fourniture d'électricité de Grand Poubara au projet de mine de fer de Baniaka. En juin, sa direction s'est rendue à Port-Gentil pour le raccordement de la future fonderie des Aciéries du Gabon et pour traiter la corrosion marine touchant la centrale de Cap Lopez. Mais ces opérations sont-elles suffisamment rapides et coordonnées pour répondre à la situation actuelle du réseau ? Là-dessus, l'information publique reste limitée.

Pour évaluer son efficacité, le public aurait besoin d'indicateurs précis : mégawatts réellement disponibles, groupes à l'arrêt, taux de disponibilité, état des lignes, investissements réalisés et nécessaires. Une centrale de 70 MW sur le papier ne signifie pas 70 MW disponibles à chaque instant, une distinction qui manque souvent au débat public.

La responsabilité ne peut donc pas être réduite à la SEEG

Le gouvernement lui-même a reconnu, en juin 2026, dans un communiqué sur le système EDAN, des contraintes affectant les infrastructures énergétiques et des perturbations sur certaines lignes de transport. Une défaillance à n'importe quel maillon peut avoir des conséquences en cascade : chercher un seul responsable risque de masquer la fragilité globale du système.

En avril 2025, le ministère de tutelle avait réuni la Société de Patrimoine, la SEEG, Gabon Power Company, le CODER, la Banque mondiale et la BAD, pour identifier les besoins d'investissement. Le problème n'est pas seulement la réparation, c'est l'investissement dans les capacités futures, avant que la demande ne dépasse l'offre.

Et demain ?

Le gouvernement a acté la scission de la SEEG en deux entités, actives au 1er janvier 2027. La Société de Patrimoine n'est pas concernée : demain, trois acteurs publics, et non deux, devront clarifier qui produit, qui transporte, qui distribue et qui rend compte.

La Société de Patrimoine gagnerait à répondre publiquement : quel est l'état réel de ses centrales, quel est le taux de disponibilité de ses groupes, quels investissements sont programmés en 2026 et 2027, et surtout, quel niveau de production supplémentaire le Gabon doit-il atteindre pour que l'électricité cesse d'être un frein à l'activité économique ?

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