Le Gabon se classe au 20e rang africain dans le dernier Indice des capacités productives (ICP) de l'ONU Commerce et Développement (CNUCED). Il devance notamment la Guinée équatoriale, le Congo et le Cameroun, pourtant première puissance économique de la CEMAC. Une performance qui souligne les atouts productifs du pays, sans effacer les fragilités structurelles de son économie.
Le Gabon prend l'avantage sur ses voisins d'Afrique centrale. Selon le classement publié le 14 septembre 2026 par la CNUCED, le pays occupe la 20e place africaine en matière de capacités productives, devant la Guinée équatoriale (29e), le Congo (32e) et le Cameroun (35e).
Le résultat est d'autant plus significatif que le Cameroun demeure la première économie de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), avec un PIB nominal estimé à 60,6 milliards de dollars, représentant près de 45 % de la richesse régionale.
Un avantage pour le Gabon
Contrairement au PIB, qui mesure la richesse produite, l'Indice des capacités productives évalue les ressources dont dispose une économie pour soutenir durablement sa production. Il repose sur 43 indicateurs répartis entre huit dimensions, notamment le capital humain, l'énergie, les transports, les institutions et la transformation structurelle.
Pour le Gabon, ce positionnement traduit l'existence d'atouts économiques, notamment dans les secteurs énergétique, minier et forestier. « Ce classement montre que la puissance économique ne se mesure pas uniquement à la taille du PIB. Le Gabon dispose d'une base productive qui lui permet de se distinguer dans la sous-région. Mais cet avantage doit encore se traduire par une industrialisation plus poussée et une meilleure intégration des entreprises locales », analyse Sylla Faye économiste-éditorialiste.
La diversification reste le défi
Cette performance ne saurait toutefois masquer la dépendance persistante du Gabon aux matières premières. Le pétrole, le manganèse et le bois occupent toujours une place prépondérante dans son économie et ses exportations.
La transformation locale apparaît dès lors comme l'un des principaux enjeux des prochaines années. Si des avancées ont été enregistrées dans la filière bois, le développement d'un tissu industriel diversifié reste tributaire de l'accès à l'énergie, des infrastructures et du financement des entreprises.
« Le véritable enjeu pour le Gabon n'est pas seulement de conserver sa position dans ce classement. Il est de transformer ses ressources naturelles en produits à plus forte valeur ajoutée, de développer ses PME industrielles et de créer des emplois durables. Sans cela, les performances resteront largement dépendantes des industries extractives », estime Faisal Oumar, rédacteur dans une revue économique africaine.
Consolider les acquis
Le classement met également en évidence les limites du modèle camerounais. Malgré son marché intérieur de près de 28 millions d'habitants, le pays reste pénalisé par ses difficultés énergétiques, ses coûts logistiques et les contraintes d'accès au crédit.
Pour le Gabon, l'enjeu consiste désormais à consolider son avance tout en corrigeant ses propres insuffisances structurelles. « Le Gabon a des atouts, mais la compétitivité se construit dans la durée. Elle suppose un environnement des affaires prévisible, des infrastructures fiables et un secteur privé capable d'investir au-delà du pétrole. C'est sur ces éléments que se jouera la prochaine étape de son développement économique », souligne Oumar.
Ce positionnement régional constitue ainsi un signal encourageant pour Libreville. Mais il rappelle surtout une exigence : convertir les capacités productives existantes en une économie moins dépendante des hydrocarbures, davantage industrialisée et capable de générer une croissance durable.
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