Chargement de navires géants au large de Libreville, filtration des émissions industrielles à Moanda, projet de biocharbon à Lastourville : Eramet Comilog multiplie les dispositifs pour concilier compétitivité et responsabilité environnementale.
Jeroboam : une transformation logistique au service de l'export
Le dispositif Jeroboam correspond à une évolution du modèle d'exportation d'Eramet Comilog, grâce à une transformation de la chaîne logistique maritime du pays. Il permet le chargement de navires de grande capacité au large de Libreville, pouvant atteindre 200 000 tonnes en un seul lot, en remplacement d'expéditions multiples de plus petite taille — environ 50 000 tonnes chacune. Cette approche vise à optimiser les opérations portuaires, réduire le trafic maritime et améliorer la fluidité des flux logistiques.
Le 7 juin 2026, l'entreprise a chargé son 50e navire dans le cadre de ce dispositif, avec 204 300 tonnes embarquées. Depuis le lancement du projet en janvier 2022, le cumul dépasse 10 millions de tonnes de manganèse expédiées selon ce modèle, ce qui illustre l'engagement de l'entreprise en matière d'efficacité opérationnelle et de durabilité.
Sur le plan environnemental, la consolidation des volumes permet une économie d'environ 60 % de carburant par tonne transportée, ce qui contribue à la réduction des émissions de carbone. Le dispositif participe également à l'augmentation de l'amplitude logistique du pays. Cette expérience pourrait être répliquée à d'autres secteurs, comme le bois ou le fret de marchandises, avec un effet potentiel sur la croissance et l'emploi.
ReSolution, REACIM et biocharbon : l'avenir industriel et environnemental
Eramet Comilog conduit plusieurs projets qui s'inscrivent dans une stratégie de compétitivité et de responsabilité industrielle, dans un marché du manganèse qui reste par nature volatil.
Le premier, ReSolution, est un plan de performance opérationnelle destiné à renforcer la compétitivité de l'entreprise. Il vise à optimiser les processus industriels : réduction des temps de cycle des trains minéraliers, diminution de la consommation de bandes transporteuses sur les installations fixes, suppression de certains goulots d'étranglement, notamment au niveau de la laverie de Bangombé.
Le second, REACIM (Réduction des Émissions Atmosphériques du Complexe Industriel de Moanda), constitue l'un des investissements environnementaux les plus significatifs réalisés par le groupe Eramet ces dernières années. Ce dispositif doit permettre de capter et de filtrer une part importante des poussières et des gaz issus de la cuisson du minerai de manganèse, grâce à des équipements incluant une tour de refroidissement de 35 mètres, un réacteur et un système de filtration haute performance. L'objectif affiché est de diviser par dix les émissions atmosphériques du complexe industriel de Moanda.
Dans le prolongement de ces engagements, l'accord de Paris 2026 a également intégré une dimension d'économie circulaire structurante : le développement d'une filière gabonaise de production de biocharbon. Ce projet ambitieux vise à valoriser les ressources issues de la biomasse et des coproduits de l'industrie forestière gabonaise pour remplacer progressivement le charbon fossile (le coke métallurgique) dans les procédés industriels. Eramet et Comilog ont déjà engagé des travaux en ce sens avec le partenaire Precious Woods, impliquant un pilote situé à Lastourville, avec pour objectif d'atteindre une production de 10 000 tonnes de biocharbon par an à l'horizon 2029.
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