En visite officielle au Ghana, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema renforce l’axe Libreville -Accra. Entre opportunités minières, transfert de technologies et synergie au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), le Gabon mise sur le modèle ghanéen pour accélérer sa transformation industrielle.
Alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) entre dans sa phase d’opérationnalisation affective, le Gabon gagne intensifie sa diplomatie économique vers l’Afrique de l’Ouest. Reçu au Palais présidentielle d’Accra par son homologue John Dramani Mahama, dans le cadre d’une visite officielle, le président Brice Clotaire Oligui Nguema, insuffle une dynamique nouvelle aux relations bilatérales. Ce déplacement symbolise la volonté de Libreville de dépasser l’exportation brute de matières premières pour bâtir des partenaires industriels concrets.
Le géant ghanéen, un miroir industriel pour Libreville
Avec un Produit intérieur brut (PIB) record de 114,21 milliards de dollars US, selon la Banque mondiale, le Ghana est la deuxième puissance économique de la CEDEAO, derrière le Nigéria. Une santé économique qui repose sur une stratégie industrielle rigoureuse dont le Gabon peut directement s’inspirer.
Le secteur minier ghanéen constitue un gisement d’expérience majeur. Avec une production d’or record d’environ 186,6 tonnes (Chambre des mines du Ghana), Accra est le premier producteur d’or du continent. La structuration de l’orpaillage artisanal et des raffineries locales y sert de modèle. Pour le Gabon, engagé dans la restructuration de ses filières aurifères et manganésifère, la modélisation d’un cadre de contenu local inspiré d’Accra est un levier direct de valeur ajoutée.
Lors des séances de travail conjointes, l’agriculture, la forêt, la pêche et le numérique ont été retenus comme secteurs prioritaires. L’accès au savoir-faire ghanéen permettra aux acteurs agro-industriels gabonais d’accélérer la transformation locale de leurs ressources.
Cadre institutionnel et engagements bilatéraux
Selon des données récentes de la Direction générale des Douanes et Droits indirects, le commerce intrafricaine du Gabon plafonne à environ 13,8 à 14% de ses importations totales. Pour renforcer cet axe commercial, la visite présidentielle s’est conclue par des avancées institutionnelles majeures.
La signature de deux accords bilatéraux marque le passage d’une diplomatie de représentation à une diplomatie d’action économique. L’accord sur la formation diplomatique réciproque renforce l’émergence de cadres agiles, capables de négocier les enjeux complexes de la ZLECAF et d’attirer les investissements. Quant au cadre de consultation politique renforcée, il offre au Gabon et au Ghana une tribune commune pour peser au sein des instances multilatérales. En alignant leurs positions sur la gouvernance environnementale et la souveraineté industrielle, Libreville et Accra transforment leur proximité en un levier d’influence géopolitique et de co-développement structuré entre la CEEAC et la CEDEAO.