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L’Afrique unifie ses normes phytosanitaires pour le marché ZLECAF

L’Afrique unifie ses normes phytosanitaires pour le marché ZLECAF

En accueillant l’atelier régional Afrique de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), coorganisé avec l’AGASA, la FAO et le CPI-UA, du 4 au 7 août 2026, Libreville s’impose comme le centre névralgique de la diplomatie phytosanitaire continentale. Les délégués de plus de quarante pays planchent sur un impératif stratégique : bâtir un « passeport sanitaire » unifié pour garantir la libre circulation des produits agricoles au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).

Aujourd’hui, selon les données de la CNUCED et de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), le commerce intra-africain ne représente qu’environ 15 à 18 % des échanges totaux du continent. Un chiffre très inférieur aux niveaux observés en Europe (68 %) ou en Asie (59 %). Si l’abaissement des tarifs douaniers est le socle de la ZLECAF, la prolifération des barrières non tarifaires (BNT) demeure le principal goulot d’étranglement.

D’après les analyses conjointes de la CNUCED et du secrétariat de la ZLECAF, ces obstacles réglementaires et administratifs coûtent jusqu’à 20 milliards de dollars par an aux acteurs économiques africains, freinant l’expansion du secteur agricole qui constitue un levier prioritaire d’emploi et d’échanges régionaux.

En Afrique centrale, les disparités réglementaires et les contrôles phytosanitaires redondants imposent des délais de transit considérables aux postes-frontières, entraînant des pertes financières massives sur les cargaisons de produits frais. Pour le Gabon, engagé dans la diversification de son économie et le renforcement de sa souveraineté alimentaire, l’harmonisation des contrôles sécurise les approvisionnements et permet aux producteurs locaux de vendre leurs produits au-delà des frontières nationales sans subir de tracasseries administratives.

« Un marché unique ne peut fonctionner si les certificats délivrés dans un État membre sont contestés à la frontière voisine. L’unification des normes est la clé de voûte qui permettra à nos PME agroalimentaires d’accéder sans entrave aux marchés régionaux », a confié un expert en intégration économique sous-régionale.

L’alignement rigoureux sur les Normes internationales pour les mesures phytosanitaires (NIMP) permet d’éliminer le protectionnisme déguisé tout en protégeant le patrimoine agricole contre l’incursion d’organismes ravageurs. En établissant des méthodes d’inspection et d’analyse des risques communes, les Organisations nationales de protection des végétaux (ONPV) restaurent la confiance réciproque entre administrations douanières.

« Le respect scrupuleux des standards NIMP confère une crédibilité incontestable à nos exportations. C’est la garantie d’un haut niveau de protection biologique sans paralyser la dynamique des échanges », a déclaré Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, Directeur général de l’AGASA.

La pièce maîtresse de ce passeport sanitaire repose sur la généralisation de la solution ePhyto. D’après les retours d’expérience documentés par le secrétariat de la CIPV et la FAO, la dématérialisation des certificats réduit les temps de contrôle aux frontières de plus de 60 % tout en éradiquant la falsification documentaire.

« La dématérialisation via ePhyto transforme l’inspection aux frontières en un processus fluide et prévisible. Elle abaisse significativement les coûts logistiques et sécurise l’approvisionnement des corridors commerciaux », a assuré le représentant de la FAO Afrique centrale.

Alors que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) rappelle que les bioravageurs détruisent chaque année près de 40 % des récoltes mondiales, les réflexions de Libreville apportent une réponse concrète. En dotant le continent d’un cadre sanitaire harmonisé et moderne, les décideurs africains transforment la réglementation en un puissant levier de compétitivité, garant de la sécurité alimentaire et de l’intégration économique régionale.

 

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