Loin de simples déclarations d'intention, l'analyse du Conseiller spécial et porte-parole de la présidence de la République, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, dessine les contours d'une trajectoire économique gabonaise redéfinie. Entre restauration de la crédibilité internationale et investissements structurels massifs, Libreville accélère sa transition vers une économie de créateur de valeur.
Lors de son grand oral du 17 juillet, le porte-parole de la présidence a lié la restauration de la crédibilité financière du Gabon à une mutation profonde de son économie. Le premier indicateur de cette transformation est diplomatique, mais ses répercussions sont profondément financières. Cette nouvelle doctrine gabonaise, fondée sur le dialogue et la défense de ses intérêts souverains, orchestre un changement de perception global. Le pays sort de son isolement pour s'affirmer à nouveau comme acteur économique régional crédible et incontournable.
Ce retour en grâce international transforme le Gabon en pôle d'attraction régional majeur. Un argument de poids pour séduire les investisseurs institutionnels et capter des capitaux durables, indispensables au financement de la transition économique.
Le paradigme de la transformation locale
C'est la fin du modèle purement extractif. La présidence de la République a réaffirmé une orientation stricte : rompre progressivement avec la dépendance aux exportations de matières premières brutes. En première ligne, le secteur du manganèse. L'objectif consiste à intensifier la transformation locale du minerai pour capter les marges industrielles, développer des compétences technologiques pointues et générer des emplois locaux qualifiés. Une logique industrielle qui s'étend à la diversification générale : numérique, énergie, infrastructures.
Le grand virage de l'investissement pour la souveraineté alimentaire
Le volet agricole illustre le passage à une économie de production. La stratégie des autorités repose en premier lieu sur un socle institutionnel et scientifique rigoureux. Celle-ci se caractérise, notamment, par la construction de deux laboratoires d'analyse des sols avec système d'information géographique ; la modernisation du Laboratoire National Vétérinaire ; la création d'une première base de données juridiques sur le foncier agricole et la régulation des intrants (semences, pesticides) ; l'adoption d'une loi-cadre sur la sécurité sanitaire. Sur le terrain, la mécanisation s'accélère avec l'injection de 145 tracteurs et 91 véhicules administratifs.
Le plan opérationnel d'urgence pour la filière prévoit un investissement massif de 120 milliards de FCFA sur deux ans, adossé à la sélection de 150 fermes et au lancement de la Société Agropastorale du Gabon. Pour soutenir cette ambition, le budget du ministère de l'Agriculture grimpe à 81 milliards de FCFA en 2026, soit un quadruplement historique.
Désenclaver pour croître
La création de valeur exige une logistique performante. Dans un exercice de transparence, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a détaillé la trajectoire des investissements de l'État dans les transports, avec un accent sur le réseau routier. 1 886,40 kilomètres de routes sont en cours d'aménagement sur le territoire. Parmi les axes stratégiques figurent Ovan-Makokou (97 km), Ntoum-Cocobeach (83 km) et le segment PK24-PK105 de la Transgabonaise (81 km). Le démarrage de l'axe Alembé-Carrefour Le Roy-Mikouyi (306 km) s'annonce déjà comme un corridor économique majeur pour la fluidification du commerce intérieur.
« Ces investissements ont déjà un impact social direct, avec plus de 6 289 emplois directs créés dans les neuf provinces », a relevé le porte-parole.
Cette relance par les grands travaux démontre que la transformation macroéconomique du Gabon s'articule désormais autour d'un impératif : l'impact social direct et l'amélioration concrète des conditions de vie des populations.