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Gabon : le retour de Shell consacre la relance de l’offshore profond

Gabon : le retour de Shell consacre la relance de l’offshore profond

Près de dix ans après son retrait progressif du pays, Shell fait son retour au Gabon. Le groupe anglo-néerlandais a signé, le 17 juin 2026 à Libreville, un accord avec les autorités pour évaluer plusieurs blocs offshore en eaux profondes et ultra-profondes. Une décision qui s’inscrit dans la nouvelle offensive pétrolière de Libreville pour relancer un bassin encore largement sous-exploré.

Le document a été paraphé par le ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, et Thomas Praeger, en charge de l’exploration chez Shell, rapporte le site officiel du ministère. Le groupe est chargé d’évaluer le potentiel géologique de plusieurs zones maritimes, dans un environnement technique à haut risque et à forte intensité capitalistique.

Cette annonce prolonge le forum Invest in African Energy 2026, tenu à Paris les 22 et 23 avril, où le ministre avait exposé la nouvelle doctrine pétrolière du Gabon aux investisseurs internationaux.

Le retour de Shell referme un cycle ouvert avec son désengagement progressif du pays, jusqu’à la cession de ses derniers actifs offshore à CNOOC International en 2024. Il consacre surtout une séquence inédite : le retour simultané des majors dans un bassin longtemps délaissé.

Trois majors, un même pari offshore

En octobre 2025, ExxonMobil et bp avaient déjà signé des protocoles d’accord sur les blocs en eaux profondes et ultra-profondes. Depuis Paris, Clotaire Kondja évoquait alors une conversion rapide en contrats fermes, dans un délai de quatre à six mois.

La stratégie est assumée : cibler un cercle restreint de majors capables d’opérer en offshore profond, plutôt que de lancer des appels d’offres larges. Le cadre réglementaire a été ajusté pour renforcer l’attractivité du bassin.

« Le retour simultané de Shell, bp et ExxonMobil n’est pas le fruit du hasard. Cela traduit un travail de restauration de la confiance et des réformes qui commencent à produire leurs effets », confie un conseiller du ministère du Pétrole sous anonymat.

Un signal fort, mais encore conditionnel

Pour les autorités, le retour de Shell a une portée symbolique évidente : celle d’un retour de confiance des investisseurs internationaux.

Mais l’exécutif tempère toute lecture hâtive. « Nous sommes encore dans une phase d’évaluation. Lorsqu’une major comme Shell revient sur un bassin qu’elle avait quitté, cela signifie qu’elle identifie de nouvelles perspectives. Mais le marché observe encore », souligne la même source.

Le gouvernement assume un pari de long terme : transformer les hydrocarbures en levier industriel. « L’exploration en eaux profondes doit préparer l’après-champs matures et garantir la capacité d’investissement de l’État dans la durée », ajoute ce proche du dossier.

Dans cette stratégie, Assala Energy — désormais contrôlée par la Gabon Oil Company — joue un rôle pivot. Le champ de Grand N’Gongui, mis en production en avril 2026, symbolise les premiers résultats de cette reprise en main.

Reste une incertitude centrale : la traduction de ces accords en investissements réels. À ce stade, Shell comme les autres majors entament une phase d’évaluation sans engagement de forage. 

Pour Francois Binet, analyste économique, l’enjeu dépasse le seul pétrole : il s’agit de tester la capacité du pays à redevenir une destination crédible pour les capitaux énergétiques, dans un contexte de compétition accrue entre bassins africains.

 

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