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Filière avicole : le Gabon soutient 150 fermes pilotes

Filière avicole : le Gabon soutient 150 fermes pilotes

Le ministère de l'Agriculture, de l'Élevage et du Développement rural a procédé, ce jeudi, à la signature officielle d’une convention-cadre organisant l’accompagnement direct de 150 fermes avicoles privées sur toute l'étendue du territoire national. Une étape décisive dans la mise en œuvre du Plan Opérationnel d'Urgence de la Filière Avicole (POUFA), à cinq mois de l’échéance capitale fixée par le gouvernement pour l’interdiction définitive des importations de poulet congelé, au 1ᵉʳ janvier 2027.

Le document-cadre fixant le dispositif opérationnel qui doit propulser la production nationale de viande de volaille a été paraphé par le Directeur général de l’Élevage, Jean Mouyabi, et le Directeur général de la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG), Théophile Boutamba, en présence du ministre de tutelle, Pacôme Kossy.

L’enjeu pour le Gabon est considérable. Chaque année, le pays importe près de 68 000 tonnes de poulets congelés, provoquant une fuite massive de capitaux évaluée à plus de 65 milliards de francs CFA. La structuration d’une filière avicole autonome concrétise l’ambition de l’État de conserver cette valeur ajoutée sur le sol national et d’impulser une dynamique créatrice de près de 100 000 emplois directs et indirects, tout en stimulant la croissance du secteur agropastoral.

Pour réussir ce pari, le ministère de l’Agriculture a sélectionné 150 fermes avicoles privées réparties à travers les neuf provinces du pays, au terme d'un processus d'audit de conformité rigoureux. Ces exploitations, dimensionnées pour accueillir des effectifs allant de 1 000 à 3 000 têtes par cycle, constituent le maillage de base de la nouvelle souveraineté alimentaire gabonaise.

Sur le plan opérationnel, la convention confie à la CEAG la mission clé de sécuriser et de fluidifier la chaîne d'approvisionnement. Le dispositif prévoit la commande et la distribution progressive de 3 millions de poussins d'un jour, la fourniture de 14 000 tonnes d'aliments (provende) ainsi que l'octroi de kits vétérinaires complets. Cet accompagnement technique et matériel vise à garantir des taux de survie optimaux et une productivité maximale dès la première vague d'élevage.

Si l'engagement politique et les moyens financiers sont au rendez-vous, le défi qui se dresse d'ici le 1ᵉʳ janvier 2027 demeure titanesque. Le calendrier impose une cadence industrielle sans faille. Il s'agit en effet de réussir la synchronisation logistique entre l'arrivée des poussins, la disponibilité continue de l'aliment de qualité et la mise aux normes sanitaires des abattoirs et de la chaîne du froid à travers l'ensemble des bassins provinciaux.

Dans cette course contre la montre, l'accord du 6 août pose les jalons d'un modèle économique responsabilisant, où la puissance publique et le secteur privé s'unissent pour faire passer l’aviculture gabonaise de l'artisanat à l'autosuffisance industrielle.

 

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