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Gabon : pourquoi la croissance ne crée-t-elle pas assez d’emplois ?

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Gabon : pourquoi la croissance ne crée-t-elle pas assez d’emplois ?

20,2 %. C’est le taux de chômage du Gabon en 2025 selon la dernière estimation modélisée de l’Organisation internationale du travail (OIT), reprise par la Banque mondiale. Chez les 15-24 ans, le taux grimpe à 36,3 %.

Derrière ces pourcentages se trouve l’une des équations les plus difficiles de l’économie gabonaise : comment transformer la richesse du pays en emplois ?

Le paradoxe est connu. Le Gabon dispose d’importantes ressources naturelles et affiche un PIB par habitant de plus de 8 000 dollars en 2024. Pourtant, l’économie peine encore à absorber une population active dont les aspirations dépassent largement les capacités actuelles du marché du travail. Le problème n’est donc pas seulement celui du nombre d’emplois. Il est aussi celui de leur nature.

Une économie peut créer de l’activité sans créer suffisamment d’emplois productifs. Elle peut exporter davantage sans employer massivement. Elle peut investir dans de grands projets sans que les retombées sur le marché du travail soient proportionnelles à l’effort financier consenti. C’est précisément là que se joue le défi gabonais.

La diversification économique ne doit pas seulement réduire la dépendance au pétrole, au manganèse ou au bois. Elle doit surtout créer des chaînes de valeur capables d’embaucher. Transformer davantage le bois, développer l’agro-industrie, renforcer les services, les métiers du numérique, la construction ou encore les énergies renouvelables : l’enjeu est de faire émerger des secteurs où la croissance se traduit directement en emplois.

Le déficit de compétences complique encore l’équation. En janvier 2026, la Banque mondiale rappelait que plus d’un tiers des jeunes de 15 à 24 ans étaient au chômage et soulignait le besoin de rapprocher davantage la formation professionnelle des besoins réels des entreprises.

C’est pourquoi la question du chômage ne peut être séparée de celle du financement de l’économie. Une PME qui ne peut pas accéder au crédit n’investit pas. Une entreprise qui n’investit pas n’embauche pas. Et un jeune correctement formé mais confronté à une économie qui crée trop peu d’activités productives reste, lui aussi, au bord du marché du travail.

Le Gabon s’est d’ailleurs engagé avec l’OIT dans un premier Programme pays pour le travail décent 2024-2027, qui place notamment l’emploi et la lutte contre le chômage au cœur de la coopération avec les partenaires sociaux.

Mais une question demeure : combien d’emplois l’économie gabonaise est-elle réellement capable de créer chaque année ?

C’est probablement le nouvel indicateur à suivre. Car demain, la performance économique du Gabon ne devrait plus seulement se mesurer au taux de croissance du PIB, au niveau des exportations ou aux recettes pétrolières. Elle devra aussi se mesurer au nombre de jeunes qui passent du diplôme au premier emploi, de l’informel au formel et de la recherche d’activité à une véritable carrière.

Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de faire croître l’économie. C’est de faire en sorte que cette croissance ait besoin des Gabonais.


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