Le Gabon engage une nouvelle étape dans la structuration de son secteur minier. À travers un communiqué officiel daté du 14 juillet 2026, les autorités gabonaises convoquent d’urgence l’ensemble des sociétés détentrices de titres miniers dans le secteur de l’or. L’ambition affichée est une refonte totale de la gouvernance juridique et financière, posant ainsi les bases d’un avenir pérenne pour toute la filière.
Par l’intermédiaire de son ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, le gouvernement a acté l’ouverture d’une “session obligatoire d’examen et d’évaluation approfondie”. À compter du jeudi 16 juillet 2026, toutes les entreprises aurifères, qu’elles soient en phase de recherche ou de petite exploitation, doivent passer devant les enquêteurs ministériels à l’immeuble du 2 Décembre.
Ces opérateurs doivent justifier de la régularité de leur situation administrative, technique, fiscale et environnementale en fournissant un dossier détaillé. Le ministère impose un délai strict de 48 heures aux entreprises pour se mettre en conformité.
Un assainissement indispensable
Au Gabon, le secteur de l’or souffre depuis longtemps d’un manque de lisibilité. Entre exploitations artisanales non déclarées et permis d’exploitation détournés à des fins d’extraction sauvage, le pays perd chaque année des milliards de FCFA. L’enjeu est d’abord budgétaire, notamment la réintégration de l’or dans les canaux officiels pour alimenter les caisses de l’État. Mais aussi écologique et social. Les exploitant en situation irrégulière font un usage incontrôlé de produits polluants comme le mercure, détruisant ainsi le patrimoine forestier national.
En instaurant des règles très strictes, le gouvernement souhaite trier le bon grain de l’ivraie. Cette opération vise précisément de “ vérifier la conformité des titres, à régulariser les situations juridiques et fiscales, afin d’envisager le redéploiement effectif des sociétés en règle sur le territoire national. “
La nouvelle dynamique à l’horizon
Cet examen pourrait marquer un tournant décisif pour l’avenir de l’orpaillage au Gabon. Sur le terrain, la démarche pourrait entraîner la fermeture des sites miniers ne respectant pas les normes et le départ forcé des opérateurs véreux.
“L’absence non justifiée à cette convocation ou le dépôt d’un dossier non conforme entraînera la suspension du titre minier et l’interdiction d’accès aux périmètres d’exploitation ou d’exploration”, prévient le ministre des Mines, sans détour.
L’impact sur l’économie gabonaise sera direct, avec une hausse attendue de la contribution du secteur minier au PIB, aujourd’hui dominé par le manganèse et le pétrole. La formalisation de la cinquantaine de projets et permis d’exploitation actifs garantit à l’État la maîtrise totale de ses actifs stratégiques.
La fermeté affichée par Sosthène Nguema Nguema, témoigne de la fin de l’impunité. Les autorités envoient un signal fort aux investisseurs internationaux sur les opportunités qui s’offrent aux partenaires étrangers qui privilégient l’éthique et la bonne gouvernance.