La Direction Nationale de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) pour le Gabon officialisera, le 15 juillet 2026 à Libreville, le lancement du Bureau d'Information sur le Crédit (BIC) de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) sur le territoire national. La cérémonie, prévue à 10h au 12ᵉ étage du siège de la Banque centrale, se tiendra sous le haut patronage du ministre de l'Économie et des Finances.
Ce lancement marquera la signature des contrats d'adhésion entre Creditinfo Central Africa (CICA), l'opérateur agréé par la BEAC, et les établissements de crédit et de microfinance de la place gabonaise. Les signatures s'échelonneront du 13 au 17 juillet, selon un communiqué de l’institution reçue par les Echos de l’éco.
Le Gabon devient ainsi le cinquième pays de la sous-région à accueillir le dispositif, après le Cameroun (janvier 2026, pays pilote), la Centrafrique et le Congo (juin 2026). La BEAC ambitionne de couvrir l'ensemble des six États de la Communauté des Etats d’Afrique Centrale d'ici fin 2028, et d'intégrer au moins 60 % des établissements de crédit et de microfinance de la sous-région dans les trois prochaines années.
Concrètement, le BIC permettra de centraliser les historiques de remboursement des emprunteurs pour aider les banques à mieux évaluer le risque de crédit. L'enjeu affiché par la Banque centrale et ses partenaires, dont la Société Financière Internationale (SFI), est de réduire le coût du crédit et d'élargir l'accès au financement, en particulier pour les PME et les ménages peu bancarisés, souvent pénalisés par l'absence d'historique financier.
Le projet trouve son origine dans un partenariat noué en 2014 entre la BEAC et la SFI, à la suite d'une conférence internationale organisée à Libreville, en 2013, sur le financement des économies de la CEMAC. Treize ans plus tard, la capitale gabonaise accueille ainsi l'aboutissement local d'un chantier qu'elle avait elle-même contribué à initier.
Dans la zone UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest Africaine), où Creditinfo opère depuis 2016, plus de 90 % des établissements assujettis partageaient déjà leurs données fin 2023, avec une base passée de 30 000 à plus de 15 millions de clients en sept ans, un précédent que la BEAC entend reproduire en Afrique centrale.