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Creditinfo Central Africa : la révolution de la donnée qui veut changer l'accès au crédit au Gabon

Creditinfo Central Africa : la révolution de la donnée qui veut changer l'accès au crédit au Gabon

En signant, le 15 juillet 2026, au siège de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) à Libreville, l'accord ouvrant les activités de Creditinfo Central Africa au Gabon, le pays rejoint un dispositif régional déjà déployé au Cameroun, en Centrafrique, au Tchad et au Congo. Objectif : réduire l'opacité qui pèse sur l'octroi de crédit dans la zone CEMAC.

Jusqu'ici, un banquier gabonais évaluait le risque d'un emprunteur à partir d'informations largement limitées à sa propre clientèle. Avec le Bureau d'information sur le crédit (BIC), agréé par la BEAC et opéré par Creditinfo Central Africa (CICA), cette asymétrie d'information doit progressivement se réduire. Le BIC ne distribue aucun crédit : il collecte, auprès des banques, des établissements de microfinance et, à terme, des sociétés d'eau, d'énergie et de téléphonie, l'historique de paiement des clients afin de le restituer, sous forme de rapports et de scores, aux établissements financiers qui le consultent.

Un parcours en quatre étapes

Concrètement, le client dépose une demande de crédit auprès d'une banque ou d'un établissement de microfinance, qui recueille son consentement avant d'interroger le BIC. Celui-ci analyse l'historique financier disponible : crédits obtenus, régularité des remboursements, incidents de paiement et niveau d'endettement, puis transmet un score de risque. La décision finale reste entièrement entre les mains de l'établissement prêteur. « Le Bureau d'information sur le crédit, c'est un bureau d'information sur le crédit. Ça renseigne sur le profil des bons payeurs comme des emprunteurs », résume Philippe Boupa, directeur général de CICA.

L'atout des données non bancaires

L'apport le plus significatif du dispositif concerne les populations peu ou pas bancarisées. Un abonné régulier à la SEEG ou un utilisateur assidu de mobile money peut désormais faire valoir cet historique de paiement auprès d'une microfinance, même sans compte bancaire actif. Selon Philippe Boupa, cet historique permet à l'établissement prêteur de mieux calibrer son offre. Il peut, par exemple, proposer un premier crédit d'un montant inférieur à la demande initiale, en cohérence avec la capacité de remboursement démontrée, plutôt que de refuser purement et simplement le dossier.

Un effet attendu sur les PME et sur les taux

Pour les PME, souvent pénalisées par le manque de garanties matérielles, le BIC ouvre la possibilité de valoriser un historique de remboursement constitué auprès de plusieurs établissements. Le dispositif pourrait également contribuer, à terme, à réduire le coût du crédit. Une partie des taux élevés pratiqués dans la zone CEMAC s'explique par l'asymétrie d'information et le niveau des créances en souffrance. Mieux identifier les bons payeurs pourrait contribuer à desserrer cette contrainte, sur un modèle déjà éprouvé dans les pays où les bureaux de crédit sont implantés de longue date.

Protection des données et droit de rectification

Le dispositif s'accompagne d'un important volet consacré à la protection des données : consentement préalable du client avant toute consultation, droit d'accès à ses propres informations et possibilité de faire rectifier une donnée erronée. Ces garanties conditionnent l'adhésion des usagers à un système qui repose, par construction, sur la centralisation d'informations personnelles sensibles.

Le lancement au Gabon s'inscrit dans un calendrier régional : après Douala (janvier 2026), Bangui, N'Djamena puis Brazzaville (juin 2026), le Gabon et la Guinée équatoriale sont les derniers pays de la CEMAC à activer le dispositif, la BEAC visant une couverture complète de la sous-région d'ici à la fin de l'année 2028.

 

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