Au Gabon, les femmes entreprennent. Mais elles restent encore minoritaires parmi les entreprises bénéficiant d'un accompagnement structuré. C'est ce constat qui a servi de point de départ à la journée « Entreprendre au féminin : Ensemble, levons les obstacles », organisée le 27 juillet à Libreville par le ministère de l'Entrepreneuriat, du Commerce et des PME-PMI et la Société de Garantie du Gabon (SGG).
Au-delà des échanges entre entrepreneures, banques et institutions publiques, un chiffre a particulièrement retenu l'attention. Seulement 22 % des PME accompagnées sont portées par des femmes. Sur les 436 PME soutenues, 98 sont dirigées par des entrepreneures. Un déséquilibre que le directeur général de la Société de Garantie du Gabon, Alban Etho, a choisi d'aborder sans détour.
« Ce chiffre ne reflète ni le talent, ni l'ambition, ni la capacité des femmes entrepreneures gabonaises. Il reflète des obstacles », a-t-il déclaré. Parmi ces freins figurent notamment la difficulté à constituer des garanties suffisantes pour accéder au crédit, des dossiers parfois insuffisamment structurés et une méconnaissance des dispositifs d'accompagnement existants.
Cette analyse rejoint une réalité bien connue des acteurs économiques. Pour de nombreuses PME, le principal obstacle n'est pas toujours l'absence de projets viables, mais la capacité à répondre aux exigences du système bancaire.
C'est précisément sur ce point que la Société de Garantie du Gabon entend intervenir. Son mécanisme de garantie permet de couvrir jusqu'à 75 % d'un financement bancaire, réduisant ainsi le risque supporté par les établissements financiers et facilitant l'accès au crédit pour les entreprises éligibles.
Mais le directeur général de la SGG a également rappelé qu'aucun dispositif financier ne peut, à lui seul, transformer l'écosystème entrepreneurial. « Un produit de garantie, aussi utile soit-il, ne suffit pas à lui seul. Il faut aussi des rencontres, des échanges, de la proximité entre celles qui portent des projets et celles et ceux qui peuvent les accompagner », a-t-il insisté.
Cette déclaration met en lumière un enjeu souvent sous-estimé : l'inclusion financière ne se résume pas à la disponibilité des financements. Elle suppose aussi un accompagnement de proximité, une meilleure préparation des porteuses de projets et un dialogue renforcé entre entrepreneures et institutions financières.
Dans une économie engagée dans sa diversification, la montée en puissance des entreprises dirigées par des femmes constitue un levier de croissance encore insuffisamment exploité. Commerce, transformation agroalimentaire, services ou artisanat : ces secteurs offrent un potentiel important en matière de création d'emplois et de valeur ajoutée.
Cette rencontre aura ainsi rappelé une évidence : lever les obstacles ne consiste pas seulement à ouvrir davantage de lignes de crédit. Il s'agit de créer un environnement où davantage de femmes pourront transformer leurs initiatives en entreprises solides, bancables et créatrices de richesse.
Le véritable indicateur de réussite ne sera donc pas le nombre de conférences organisées, mais l'évolution de ce chiffre de 22 %. Car si davantage de femmes accèdent demain au financement, développent leurs entreprises et créent des emplois, c'est toute l'économie gabonaise qui en sortira renforcée.