Depuis plus de vingt ans, Pascal Perache nourrit une conviction : les marchés africains représentent une part relevée de la croissance industrielle mondiale. À la tête de Börger France, filiale du fabricant allemand de pompes industrielles Börger, il poursuit une expansion méthodique sur le continent, avec un intérêt affirmé pour le Gabon et l'Afrique centrale.
Ingénieur de formation, Pascal Perache entame sa carrière chez Jeumont-Schneider avant de découvrir, lors d'un salon professionnel en Allemagne, la technologie Börger. Convaincu par les performances de ces pompes volumétriques, capables de traiter aussi bien des eaux usées que des hydrocarbures, du chocolat, de la pulpe de tomate ou des boues industrielles, il s'associe en 1998 à Alois Börger, fondateur de l'entreprise familiale, pour créer la filiale française.
Börger France réalise aujourd'hui près de dix millions d'euros de chiffre d'affaires (environ 6,56 milliards de FCFA), soit environ 10 % de l'activité mondiale du groupe. Après avoir consolidé sa position en France, l'entreprise s'est tournée vers l'export, notamment en Afrique francophone, où elle fournit des équipements aux secteurs du traitement de l'eau, de l'agro-industrie et du pétrole. Parmi ses références figurent les groupes Veolia et Suez. En Côte d'Ivoire, ses pompes sont utilisées dans l'industrie textile, la cosmétique, l'huile de palme et l'assainissement.
La stratégie affichée est celle de l'anticipation. « Nous pensons qu'il faut être présent très tôt sur un marché afin que, lorsqu'il devient mature, tout le monde pense à nous », explique Pascal Perache. Pour le dirigeant, le potentiel africain reste largement sous-exploité : « Ce sont des marchés qui vont naturellement grandir avec l'augmentation de la population et du PIB.» Dans cette logique, le Gabon est identifié comme une porte d'entrée vers la zone CEMAC. Börger y étudie des partenariats locaux pour assurer la maintenance de ses équipements et former des techniciens. « Lorsqu'une machine est installée, elle doit être entretenue. Cela permet de développer des compétences locales et de créer des emplois qualifiés », précise-t-il. La stabilité et la sécurité du pays sont également citées parmi les facteurs déterminants du choix.
L'interet de groupes iindustriels européens spécialisés pour Libreville illustre le potentiel encore inexploité des secteurs de l'eau, de la transformation agroalimentaire et des services industriels dans la sous-région.