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Employabilité des jeunes : les leviers actuels de l'État

Employabilité des jeunes : les leviers actuels de l'État

Comment rendre opérationnels ceux qui sortent de formation et arrivent sur le marché du travail ? Au Gabon, la question de l’employabilité des jeunes reste un défi majeur.

À l’occasion du numéro de mai des Échos de l’Éco, consacré à cette thématique, la responsable de la communication du Pôle national de promotion de l’emploi (PNPE), anciennement Office national de l’emploi (ONE), détaille les principaux dispositifs et outils déployés par l’État en la matière.

Parmi ces instruments stratégiques destinés à accroître l’employabilité des jeunes issus des écoles et centres de formation figure le Programme d’accompagnement à l’emploi (PAE), conçu pour faciliter l’insertion ou la réinsertion professionnelle.

S’appuyant sur le décret n° 0100/PR/MTE du 17 février 2016, qui « réglemente l’apprentissage au sein des entreprises » au Gabon — un texte qui a d’ailleurs fait l’objet de discussions en 2024 entre le gouvernement et les entreprises gabonaises en vue de sa révision —, le PAE regroupe plusieurs mécanismes, notamment les contrats d’apprentissage, de professionnalisation ou encore de reconversion.

Adossé au Code du travail, le dispositif PAE impose aux entreprises de plus de 20 salariés d’accueillir en stage ou en formation un quota équivalant à au moins 5 % de leurs effectifs. Un cadre ambitieux, mais encore insuffisamment respecté par les entreprises concernées.

Ce mécanisme prévoit le versement au stagiaire du salaire minimum, tandis que l’employeur-formateur qui l’accueille complète cette rémunération afin d’atteindre le revenu minimum mensuel fixé à 150 000 FCFA.

Autre levier en faveur de l’employabilité des jeunes : les contrats d’insertion en alternance, combinant formation théorique et expérience en entreprise. Bien que reconnu pour son efficacité à l’international, ce modèle peine encore à se généraliser au Gabon. Des campagnes de sensibilisation devraient toutefois être lancées afin d’en renforcer l’adoption.

Le PNPE mise également sur l’auto-emploi. Entre 2021 et mars 2026, 3 219 demandeurs d’emploi ont été formés, dont 511 installés via la Maison de l’Auto-Entrepreneur. À ce titre, plusieurs projets encouragent les jeunes à devenir entrepreneurs, notamment dans les transports urbains et d’autres secteurs d’activité.

En parallèle, des partenariats public-privé ont permis des recrutements ciblés, notamment avec Olam ou dans le cadre du projet Taxi-Gab.

Les chiffres traduisent une dynamique contrastée. Si 39 381 nouveaux demandeurs d’emploi ont été enregistrés en 2025, le PNPE revendique 6 250 insertions sur le marché du travail entre 2025 et 2026, majoritairement sous forme de stages.

Les offres collectées auprès des entreprises ont progressé de plus de 53 %, tandis que les embauches directes et celles issues du Programme d’accompagnement à l’emploi ont respectivement augmenté de 38 % et 50 %. Le taux global de placement atteint désormais 65 %, contre 51 % auparavant, signe d’une amélioration de l’efficacité du dispositif.

Toutefois, ces indicateurs reposent sur des bases partielles : le taux de chômage de 35,7 %, issu des normes du Bureau international du travail (BIT), sous-estime la réalité en excluant l’informel et les travailleurs découragés.

De même, les performances du PNPE ne reflètent que la situation des inscrits, laissant de côté une large frange de jeunes évoluant hors du système formel.

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