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UOB, « l’alma mater du Gabon », entre prestige académique et défi de l’employabilité

UOB, « l’alma mater du Gabon », entre prestige académique et défi de l’employabilité

Créée en 1970 sous l’appellation d’Université nationale du Gabon, l’établissement est rebaptisé en 1978 pour devenir l’Université Omar-Bongo et demeure « l’alma mater du Gabon », rappelle le Pr Jean-François Owaye, vice-recteur chargé de l’administration et de la coopération.

Avec près de 18 000 étudiants, environ 500 enseignants-chercheurs et un budget annuel oscillant entre 1 et 3 milliards de FCFA – marqué par une évolution contrastée : 2,59 milliards de FCFA en 2024, 3,10 milliards en 2025, puis une baisse de 31 % à 1,48 milliard en 2026 –, elle reste un pilier de la formation des cadres nationaux.

Ce modèle, longtemps marqué par une forte orientation théorique, est aujourd’hui en mutation. Héritée d’un système académique ancien, cette approche a montré ses limites face aux exigences du marché de l’emploi.

Le Pr Bonaventure Mvé Ondo, ancien recteur de l’UOB (1991-1999) et vice-recteur honoraire de l’Agence universitaire de la Francophonie, souligne que « l’enseignement supérieur au Gabon est encore largement marqué par un héritage colonial, avec un modèle centralisé et théoriciste qui ne répond plus aux besoins actuels du marché du travail ».

Cette continuité du modèle postcolonial empêche, selon lui, une réelle modernisation de l’offre académique et une prise en compte des exigences du monde contemporain.

Un virage assumé vers la formation professionnelle

« Les universités sont désormais appelées à jouer un rôle direct dans l’insertion professionnelle », affirme le Pr Owaye. Cette évolution se traduit par une refonte de l’offre de formation, avec l’introduction de filières professionnalisantes.

Agronomie, mécatronique, sciences appliquées ou encore métiers de l’immobilier : ces nouveaux parcours répondent à des besoins concrets. « Nous avons aujourd’hui des filières qui attirent massivement, preuve qu’elles correspondent à une demande réelle », souligne-t-il.

Sur le terrain, cette transformation est perceptible. « La grande innovation est l’introduction de formations professionnalisantes intégrant la pratique et l’expérimentation, afin de rapprocher l’université des réalités du marché du travail », explique le vice-recteur.

Au-delà des cursus, l’UOB entend changer de modèle. « Nous voulons former non seulement des diplômés, mais aussi des créateurs d’activités », insiste le Pr Owaye.

La création du Centre de compétences professionnelles et entrepreneuriales, le développement d’incubateurs et l’introduction du statut d’étudiant-entrepreneur s’inscrivent dans cette dynamique. L’objectif est clair : rapprocher formation, innovation et économie.

Cette mutation s’accompagne de réformes : nouvelles facultés, digitalisation progressive, infrastructures en cours de réhabilitation.

Absente des classements internationaux, l’université cherche également à améliorer sa visibilité. « Les classements sont des baromètres fondés sur des indicateurs précis auxquels nous ne répondons pas encore pleinement », reconnaît le Pr Owaye.

Production scientifique, financements ou encore outils numériques restent des défis. Puis il relativise : « Il ne faut pas être obnubilé par les classements ; l’essentiel est l’adéquation de nos formations avec notre essor national. »

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