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Kobe-Kobe, maillon central du corridor minier de Belinga

Kobe-Kobe, maillon central du corridor minier de Belinga

Le lancement, le 8 juin 2026, des travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe marque une étape structurante dans la stratégie d’industrialisation du Gabon. Situé à environ 70 kilomètres au sud de Libreville, ce futur complexe portuaire de 500 hectares résulte de la convention signée en avril 2026 entre l’État gabonais et Africa Global Logistics (AGL). Financé selon un schéma porté par Algest Investment Bank, le projet constitue l’un des maillons du corridor intégré destiné à valoriser le gisement de fer de Belinga.

  L’enjeu de Kobe-Kobe n’est pas de remplacer Owendo mais d’en compléter les capacités. Alors qu’Owendo demeure le principal port commercial du pays, Kobe-Kobe est conçu comme un terminal minier spécialisé capable d’accueillir des navires de très grand tonnage grâce à ses profondeurs naturelles pouvant atteindre 16 mètres.

L’infrastructure s’inscrit dans une chaîne logistique intégrée reliant la mine de Belinga, dans l’Ogooué-Ivindo, à un réseau ferroviaire d’environ 535 kilomètres puis au terminal maritime. Cette architecture vise à fluidifier l’exportation du minerai tout en limitant la pression sur les infrastructures existantes autour de Libreville.

  Le projet repose sur une répartition des responsabilités entre acteurs aux compétences distinctes. AGL intervient comme partenaire technique et opérateur d’infrastructures logistiques. De son côté, le groupe minier australien Fortescue porte le développement du gisement de Belinga et la valorisation industrielle de la ressource.

 

 

Cette complémentarité répond à une logique industrielle classique : séparer l’expertise minière de l’exploitation logistique. Elle peut toutefois rendre la lecture du projet moins lisible pour l’opinion publique, les responsabilités étant réparties entre plusieurs opérateurs et partenaires internationaux impliqués dans le rail, l’énergie et les équipements de transport. 

  Selon les autorités gabonaises et les partenaires du projet, le chantier devrait générer environ 9 000 emplois directs et plusieurs milliers d'emplois indirects. Au-delà des recrutements, l’impact attendu concerne le développement d’un tissu de sous-traitance nationale dans les travaux publics, la maintenance, la logistique et les services.

La mise en service du port est annoncée pour avril 2031. À ce stade, les projections économiques demeurent tributaires du respect du calendrier de construction du corridor ferroviaire, des infrastructures énergétiques associées et du rythme de montée en puissance de la production minière.

Au-delà du minerai de Belinga, Kobe-Kobe s’inscrit dans une compétition régionale entre corridors logistiques. Le Gabon entend tirer parti de sa façade atlantique et de ses conditions nautiques favorables pour renforcer son attractivité dans les flux de marchandises d’Afrique centrale.

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